INTERVIEW. Alors que les décharges sauvages se multiplient, notamment en région parisienne, et que les élus locaux se mettent à organiser des manifestations pour dénoncer le problème, Emmanuel Cazeneuve, le patron d'Hesus, société spécialisée dans l'accompagnement numérique de l'évacuation et de la valorisation des déblais de chantiers, en appelle à la mobilisation de toute la filière construction.


Si la problématique des décharges sauvages n'est évidemment pas nouvelle, elle tend malheureusement à se répandre sur tout le territoire et à polluer la vie de nos concitoyens. Le sujet déchaîne les passions, certains reprochant à des méga-projets d'infrastructures comme le Grand Paris Express de générer un trop grand nombre de déchets, d'autres rappelant qu'il n'est pas aisé pour les artisans et petites entreprises du bâtiment, même avec la meilleure volonté du monde, de se dégager du temps (et de l'argent) pour emmener leurs terres et gravats dans des déchèteries.

 

Certaines entreprises se sont donc positionnées sur ce segment pour développer des solutions innovantes. C'est le cas d'Hesus, société spécialisée depuis 2008 dans l'accompagnement numérique de l'évacuation et de la valorisation des déblais de chantiers, dont le co-fondateur et président-directeur général, Emmanuel Cazeneuve, a insisté auprès de Batiactu sur la nécessaire mobilisation de toute la filière construction. Ulcérés - et pris à partie par leurs administrés -, les élus locaux se mettent à organiser des manifestations sur le terrain pour dénoncer le problème, et espèrent ainsi faire bouger les choses. Pour le patron d'Hesus, une meilleure mise en relation des différents maillons de la chaîne pourrait pourtant permettre de résoudre un grand nombre de difficultés. L'entreprise, qui réalise un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros et est déjà implantée dans 5 pays - France, Suède, Pologne, Angleterre et Suisse -, compte bien devenir le leader européen de la gestion des terres à l'horizon 2025.

 


Batiactu : Pouvez-vous commencer par présenter l'activité de votre entreprise ?

 

Emmanuel Cazeneuve : Chez Hesus, nous aidons toutes les entreprises du BTP à optimiser leur gestion de déblais et ainsi réduire l'impact carbone de leurs chantiers. Grâce à nos solutions numériques, nous arrivons à un taux d'évitement carbone de 80%. Le bâtiment et les travaux publics constituent le plus gros producteur de déchets en France, avec 150 millions de tonnes de terres générées chaque année, soit 5 fois le volume des ordures ménagères ! C'est aussi le plus gros consommateur d'énergies non-renouvelables, à commencer par le granulat de sable, avec entre 400 et 450 millions de tonnes sortis chaque année.

 

On excave de la terre qu'on enfouit ensuite et on extrait du granulat pour après en faire des routes : l'utilisation de ces matières premières non-renouvelables représente une aberration écologique, alors qu'il existe des solutions de réemploi évitant la mise en décharge et l'extraction en carrière. Il est urgent de s'en saisir car les grandes agglomérations mondiales font face à des défis extrêmement importants, comme la qualité de l'air, l'étalement urbain, la relocalisation de la production… Tout cela nécessite de faire ou refaire des infrastructures, donc des chantiers, et donc des impacts sur l'environnement. C'est pourquoi il faut trouver des solutions pour faire du BTP un champion de l'économie circulaire en vue de la neutralité carbone.
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