VOS RÉACTIONS. Suite à notre appel à témoignages, vous avez été nombreux à nous faire part des difficultés rencontrées dans votre activité quotidienne à cause de la crise sanitaire du coronavirus. Voici un aperçu, évidemment non-exhaustif, des impacts économiques sur l'activité des professionnels du bâtiment.

L'impact du coronavirus sur l'économie est indéniable. Suite à notre appel à témoignages, vous avez été nombreux à nous faire part des difficultés rencontrées dans votre activité quotidienne à cause de la crise sanitaire qui touche l'Hexagone mais aussi d'autres pays européens, comme l'Italie, et d'autres régions du monde, à l'instar de la Chine et ses nombreux fournisseurs de matières premières et équipementiers. Bien que le Gouvernement et les différentes autorités compétentes, sans oublier le système bancaire et financier, aient annoncé des mesures exceptionnelles pour épauler les entreprises dans cette épreuve elle aussi exceptionnelle, les conséquences du confinement se font sentir à de nombreux échelons de la chaîne de valeur, et se feront encore sentir pendant plusieurs semaines, voire mois.

 

D'autant que le contexte économique et social était, pour certaines structures, déjà compliqué depuis quelques temps, et que la pandémie de Covid-19 n'a fait qu'aggraver les choses. C'est le cas d'une entreprise de menuiserie basée en Haute-Garonne, qui a contacté la rédaction pour nous faire remonter ses difficultés mais qui a cependant souhaité conserver l'anonymat. Elle devait réaliser prochainement un chantier sur le site d'une maison de retraite dans le même département, mais le projet a été annulé suite à la directive des autorités concernant les EHPAD et établissements similaires. Les travaux devaient durer une quinzaine de jours et ont forcé le gérant à placer ses poseurs en chômage partiel, aucun autre chantier n'étant prévu sur la même période. Le télétravail n'est évidemment pas possible pour tous les types d'emplois, et dans ce cas seules l'assistante commerciale et la secrétaire-comptable y auront recours mais a fortiori avec des contraintes de gardes d'enfants. Le gérant craint donc une perte de clients ainsi que des annulations d'autres travaux de pose. De plus, les rendez-vous commerciaux et les ventes au magasin sont suspendus depuis l'entrée en vigueur des mesures sanitaires. Les effets sur le long terme, ainsi que le manque de soutien des banques sont aussi pointés du doigt.

 

Des risques sanitaires bien pris en compte, tant chez les salariés que chez les employeurs

 

Autre témoignage : la société ClimatNat, basée à Cambo-les-Bains, dans les Pyrénées-Atlantiques, est spécialisée dans les travaux d'isolation, de climatisation et de ventilation. Son gérant, Thierry Monjot, attire l'attention sur un autre problème d'ordre sanitaire : "La pandémie affecte mon activité d'artisan dans le sens où mon activité est l'isolation et qu'elle nécessite le port de masques, aujourd'hui introuvables". Virginia Cabral-Fernandes, dirigeante de l'entreprise MDA localisée à Villaines-sous-Bois (Val-d'Oise), explique avoir également pris des mesures de protection pour ses salariés : "J'ai deux sociétés, j'ai décidé lundi [16 mars] à 14 heures d'arrêter tous mes équipiers. Le risque sanitaire est trop grand. Certains chantiers nous relancent, malgré la situation. Je ne peux garantir la sécurité sanitaire de mes équipes et bientôt je ne pourrais garantir leurs paiements. Je crains pour la pérennité des sociétés et des emplois si les banques ne nous accompagnent pas." L'arrêt des chantiers, et plus largement de l'activité, plombe de fait les rentrées d'argent des entreprises, qui inéluctablement le répercutent sur leurs paiements, à commencer par les salaires. C'est pour cette raison que l'exécutif a largement communiqué - et communique encore - sur le mécanisme exceptionnel de chômage partiel, ouvert à toutes les sociétés qui en font la demande sur le site du Gouvernement et qui s'active immédiatement.

 

Enfin, Patrice Normand, économiste de la construction basé dans la commune vosgienne de Ferdrupt, attire l'attention sur les répercussions comptables des prochains mois : "Comment faire pour les activités en marchés publics ? Le chiffre d'affaires de mars est en fait la facturation de février, donc pas impacté. Par contre la facturation de mars devrait être encaissée en avril... Et comme l'activité sur les chantiers du BTP se restreint énormément d'heure en heure, on ne sait même plus comment organiser le suivi de ces chantiers, c'est donc bien avril et peut-être mai qui seront impactés en CA. Enorme décalage de trésorerie à suivre."

 


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