Malgré un recul des mises en chantier franciliennes en 2015 et deux années de stagnation dont 1 % en 2013, le chiffre d'affaires des TPE/PME dans le bâtiment affiche une progression de 4% sur les trois premiers trimestres de 2014, décrypte ce mercredi une étude de l'Ordre des experts-comptables de la région. Précisions.

Des éclaircies sont-elles de retour dans le bâtiment francilien à la peine depuis ces dernières années ? Après deux années de stagnation (0% en 2012 et 1% en 2013), le chiffre d'affaires des TPE/PME du secteur de la construction- suivies par la première étude dévoilée ce mercredi 11 février par l'Ordre des experts-comptables de la région Paris Ile-de-France en partenariat avec le cabinet Asterès*- affiche une progression de 4% sur les trois premiers trimestres de 2014.
Toutefois, cette hausse observée dans les départements franciliens à l'exception de la Seine-Saint-Denis et l'Essonne a été insuffisante selon l'étude pour compenser la baisse observée dans la première moitié de l'année.

Les départements bâtisseurs dans le tertiaire : Hauts-de-Seine et Val-de-Marne

"Dans le détail, l'activité est tirée à la hausse par le dynamisme du troisième trimestre (+15 %) qui contraste avec l'atonie observée dans la première moitié de l'année", souligne l'économiste Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterès.

 

Au final, les départements moteurs et bâtisseurs de la petite couronne sont les suivants : Hauts-de-Seine et Val-de-Marne, aussi bien en valeur (10 % du chiffre d'affaires) qu'en volumes qui sont notamment tirés par la construction de surfaces commerciales et de bureaux.

 

Les quatre départements de la grande couronne - Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d'Oise- sont eux pénalisés par une forte baisse de la construction de locaux (-18% sur les trois premiers trimestres 2014). Malgré tout, le chiffre d'affaires est en hausse sur l'ensemble de ces départements note l'étude.

 

En revanche, la nette progression à Paris du chiffre d'affaires des entreprises (4%) masque une baisse importante des constructions : "Paris demeure le département qui affiche la plus forte baisse des mises en chantier en logement (-47%) et de locaux (-50%)", signale l'étude. Par ailleurs, d'après l'économiste Nicolas Bouzou, la récente mobilisation de la Ville de Paris à travers la signature du "pacte Logement pour tous" le 23 juin dernier et les 24 propositions de la mairie de Paris dévoilées en décembre dernier permettent d'expliquer d'envisager une reprise de l'activité à moyen terme.

La prudence reste de mise

"Au final, la contribution des chiffres d'affaires est positive dans le secteur de la construction et donne des bonnes directions pour ces entreprises franciliennes dans les mois avenirs mais restons prudents car les échantillons d'études demeurent étroits, avance Nicolas Bouzou. De plus, les mises en chantier en fort recul traduisent une fragilité dans ce secteur. Le stock de logements est assez faible."

 

En effet, l'étude rappelle que "la production de logements et de surfaces commerciales est en repli, respectivement de -4% et -6%." "L'exemple de la réalisation du controversé complexe artistique de 25.000 m² sur l'île Seguin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), conçu par Jean Nouvel, aura pris trois ans à démarrer, et les cinq tours de bureaux dessinées par le même architecte ne verront jamais le jour", commente l'économiste.

 

A retenir également : Paris est le département qui affiche la plus forte baisse des mises en chantier de logements (-47%) et de locaux (-50%), souligne l'étude. "Le projet récemment avorté de la Tour Triangle illustre, en effet, les difficultés de la région à mettre en oeuvre des chantiers ambitieux", observe Nicolas Bouzou.

 

Malgré des freins constatés à Paris, la progression du nombre de permis courant 2014 ouvre d'après l'étude la perspective d'une reprise de l'activité à moyen terme dans la région francilienne, en raison des autorisations en hausse de 1 % et de 12 % pour les surfaces commerciales.

 

Avant de conclure : "Le Grand Paris constitue une aubaine pour les entreprises de la construction notamment grâce à la mise en œuvre du Grand Paris Express (GPE)." La validation du financement des chantiers de modernisation du RER A, ainsi que le prolongement de la ligne 11 et du RER E à l'ouest, prévus courant 2015 apportent d'ores et déjà des notes positives. A suivre.

 

Méthodologie
Pour réaliser leur analyse, les experts-comptables se sont penchés sur 133.000 entreprises, dont le chiffre d'affaires annuel est compris entre 20.000 euros et 50 millions d'euros. Et Stéphane Cohen, président de l'Ordre des experts-comptables de la région Paris-Ile-de-France de préciser : "En détails, l'Observatoire de l'économie francilienne s'appuie sur la base Statexpert qui agrège après avoir été anonymisées trois sources de données collectées essentielles par les experts-comptables franciliens : les déclarations de TVA, qui fournissent des indications mensuelles et trimestrielles sur l'évolution du chiffre d'affaires des entreprises ; les déclarations unifiées de cotisations sociales, qui permettent de suivre mensuellement et trimestriellement l'emploi des entreprises ainsi que les salaires versés ; et enfin, les liasses fiscales, qui rendent compte de la situation financière des entreprises sur une base annuelle." A noter que sur la base des liasses fiscales, le secteur de la construction représente 11 % des liasses.

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