L'association de consommateurs, UFC-Que Choisir, a prévenu que "15 millions de foyers risquaient d'être pénalisés" par le futur compteur communicant Linky, qui les contraindrait à souscrire à un abonnement plus onéreux et à payer des frais importants. Une analyse que réfute scrupuleusement ERDF, filiale d'EDF, à l'origine de Linky. Précisions.

Dans un contexte où le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a acté, en juillet dernier, le déploiement du futur compteur communicant Linky pour parvenir à l'équipement des 35 millions de foyers à partir de 2020, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a rendu publique, mardi 24 septembre, une étude sur l'effet désastreux de ce compteur sur le budget d'une partie de ses clients. "L'arrivée du compteur Linky va faire disjoncter le portefeuille des consommateurs", a commenté à la presse le président de l'association de consommateurs, Alain Bazot.

 

Cette étude menée pendant un an auprès d'un panel représentatif de 201 foyers reste de mauvais augure pour le Gouvernement alors que le chef de l'Etat, François Hollande, déclarait , vendredi dernier en ouverture de la conférence environnementale : "Je souhaite qu'à l'horizon 2020, les 35 millions de compteurs actuels soient remplacés par des compteurs intelligents sans qu'il n'en coûte aux ménages concernés."

 

Vers une modification de la consommation ?
Or, justement d'après l'association de consommateurs, la mise en place de ce compteur obligerait de nombreux consommateurs à modifier, à leurs frais, leur abonnement d'électricité. UFC-Que Choisir avance que seuls 45 % des abonnés disposent d'une puissance souscrite -le plus souvent 6 ou 9 kWh- correspondant à leurs besoins réels. Toutefois, 5 millions de foyers acquitteraient un abonnement trop élevé, alors que 10 millions consommeraient plus que la puissance liée à un abonnement, sachant que leur compteur tolère un dépassement sans disjoncter. D'après l'association, le compteur ne garantira plus cette souplesse.

 

Prenant en compte la modification de leur abonnement, l'association chiffre ce compteur "dit gratuit" à "545 millions d'euros de frais cachés" qui ne touchera d'après elle que les "sous-facturés, les sous-abonnés et les sur-abonnés."

 

ERDF réfute le chiffrage
Le distributeur d'électricité ERDF (filiale d'EDF), à l'origine de Linky, a contesté vigoureusement les calculs de l'UFC, en soulignant que l'expérimentation à grande échelle, menée auprès de 300.000 foyers à Lyon et en Indre-et-Loire, avait montré des cas de changements de puissance très inférieurs. Seuls 0,88% ont demandé un changement de puissance suite à la pose de Linky, ajoute ERDF.
Au final, l'association propose deux mesures afin d'éviter les surcoûts : affiner les grilles d'abonnement en instaurant des niveaux de puissance intermédiaires (pour facturer chaque foyer au plus près) et rendre le changement de puissance gratuit durant les 2 ans qui suivront l'installation de Linky.

 

Cette demande risque de ne pas aboutir. Cet été, le Gouvernement a confirmé que 3 millions de compteurs doivent être être posés en 2015 et 2016 et l'appel d'offres sera dévoilé en octobre prochain. Enfin, l'UFC-Que Choisir, qui juge que "Linky a été conçu exclusivement dans l'intérêt d'ERDF", n'est pas à son premier coup d'essai. Il avait déjà tenté sans succès un recours auprès du Conseil d'Etat contre sa généralisation.

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