STATISTIQUES. Les chiffres de la construction de logements pour la fin d'année 2018 sont presque tous dans le négatif : sur le dernier trimestre, les logements individuels constituent le seul indicateur en progression, avec +4,8%, pendant que les mises en chantiers se replient de 5,9%.

L'année 2018 n'aura assurément pas été un bon cru pour la construction de logements. Les ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires viennent de publier leurs habituelles statistiques pour mesurer le dynamisme du secteur sur la période de septembre à décembre 2018, et quasiment tous les indicateurs affichent des résultats négatifs. Le dernier trimestre a en effet vu les autorisations de logements perdre 1,3% par rapport aux trois mois précédents. Seule bonne nouvelle : les logements individuels poursuivent leur progression, en enregistrant +4,8%. Les individuels purs se chiffrent à 31.900 unités autorisés (-8,3%) et 29.100 commencés (-10,9%), alors que les individuels groupés comptabilisent 13.100 unités bénéficiant d'un permis de construire (+3,7%) et 11.600 unités mises en chantier (-10%). Mais les logements collectifs, y compris en résidence, reculent de 5,3%. Plus largement, les mises en chantiers continuent leur chute en se repliant de 5,9% ; dans le détail, le segment individuel baisse de 2,8%, et le segment collectif accuse une perte de 8,1%. Sur la base des données cumulées tout au long de l'année 2018, les ministères sont donc en mesure d'affirmer que 460.000 logements ont été autorisés à la construction l'année dernière, et que 398.100 unités ont été mises en chantier, ce qui correspond respectivement à -7,1% et -7% en comparaison aux chiffres de 2017.

 

Toutes les régions impactées par la conjoncture, mais des particularités subsistent

 

Le détail par région permet de constater des spécificités locales. A l'échelle métropolitaine, ce sont 445.800 logements qui ont été autorisés en 2018 (-7,3% par rapport à 2017), et 386.100 qui ont été commencés (-7%). Les départements d'Outre-Mer (Mayotte non-comprise) totalisent pour leur part 14.800 logements autorisés (-1,9%) et 12.000 commencés (-5,1%). De retour sous les latitudes européennes, les régions qui accusent les plus importantes chutes sont la Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec seulement 36.000 logements autorisés (-16,9%) et 34.100 logements commencés (-9,2%), talonnée par le Centre-Val de Loire, qui compte 10.900 unités autorisées (-14,4%) et 10.100 mises en chantier (-14,9%). L'Occitanie n'échappe pas à la conjoncture défavorable en reculant de 12% sur le segment des logements autorisés, avec 49.300 unités, et de 12,6% sur celui des logements mis en chantier, avec 44.000 unités.

 

Quelques régions parviennent malgré tout à remonter la pente, même si leurs chiffres sont encore loin de témoigner d'un véritable enthousiasme du secteur. Avec 26.200 logements autorisés, soit une "petite" baisse de 3,6%, la Bretagne sauve les meubles. Elle enregistre même +3,3% sur le segment des logements commencés, au nombre de 25.100. La Corse est aussi relativement épargnée : 6.100 logements ont été autorisés sur l'Île de Beauté en 2018 (+2,2%), et 4.000 ont été mis en chantier (-2,7%). Les Hauts-de-France se démarquent dans le domaine des logements autorisés, avec +1,3% (29.900 unités), mais subissent une perte de 7,3% pour les logements commencés (22.500 unités). Idem pour la Nouvelle-Aquitaine, qui progresse de 3,8% sur les unités bénéficiant d'un permis de construire (48.100 logements) mais qui se rétracte de 6,7% pour les unités mises en chantier (39.000 logements). Quant à l'Île-de-France, sa situation s'inscrit dans la tendance nationale : avec 89.200 logements autorisés et 78.400 commencés, l'évolution y est respectivement de -9,3% et de -5,1%.

 

Taux d'annulation et délais d'ouverture en hausse

 

Les services ministériels fournissent enfin quelques indicateurs symptomatiques du climat des affaires : au mois de décembre 2018, le taux d'annulation moyen des logements individuels autorisés sur les 3 derniers mois était de 11,4%, un chiffre plus élevé qu'au début de l'année 2018, où il était de 10,7% au mois de janvier. Dans le collectif (y compris en résidence), le taux d'annulation s'établissait à 27,3% en décembre dernier, ce qui est au-dessus de sa moyenne de longue période (19,1%). Toujours en décembre 2018, le délai moyen d'ouverture de chantier pour des logements individuels sur les 3 derniers mois était de 5,4 mois, là encore en hausse par rapport au début de l'année (5,1 mois en janvier 2018). Sur le segment du collectif, le délai moyen était de 11,6 mois en décembre, un chiffre là-aussi au-dessus de sa moyenne de longue période (11,4 mois).

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