ÉNERGIE. Le Gouvernement lance officiellement aujourd'hui son plan d'action pour développer un chauffage au bois domestique combinant bonnes performances et respect de l'environnement. Il s'articule autour de quatre axes principaux.

C'est officiel : le Gouvernement lance ce 23 juillet son plan d'action pour développer un chauffage au bois domestique combinant bonnes performances et respect de l'environnement. Comme Batiactu l'avait déjà détaillé en avril dernier, en sollicitant au passage l'analyse des chaudiéristes biomasse, le plan va s'articuler autour de quatre axes principaux.

 

Son objectif reste inchangé : agir sur la qualité de l'air, la pollution aux particules fines étant chaque année responsable, selon Santé Publique France, d'environ 40.000 morts. Un chiffre significatif qui renvoie à des enjeux sanitaires et de qualité de vie concernant des millions de Français, notamment dans les zones les plus densément peuplées. Les pouvoirs publics veulent donc réduire les émissions d'oxyde d'azote et celles de particules fines, dont le principal émetteur est le chauffage au bois domestique, a fortiori pendant les périodes hivernales de chauffe.

 

Remplacer 600.000 équipements d'ici 2025

 

Pour cela, le ministère de la Transition écologique voit deux solutions majeures : remplacer les équipements vétustes et utiliser du bois séché, ce qui diviserait par 10 la pollution liée au chauffage au bois. "L'idée n'est pas d'arrêter le développement de ce dernier car il présente un intérêt écologique évident avec une empreinte carbone neutre ; l'idée est de le rendre plus efficace", assure une source ministérielle.

 


Concrètement, l'accélération du renouvellement des appareils peu performants constitue la première action majeure du plan. Le but est de remplacer 600.000 équipements d'ici 2025 grâce à des aides comme Ma prime rénov', aux coups de pouce liés aux Certificats d'économie d'énergie ainsi qu'aux dispositifs locaux développés par les collectivités territoriales comme les Fonds air-bois. "Les aides peuvent représenter jusqu'à 90% du coût d'acquisition pour des ménages modestes", indique-t-on au boulevard Saint-Germain. "Par le biais de Ma prime rénov', elles ont déjà été augmentées au 1er janvier 2021, et ont même été multipliées par 4 pour le remplacement des vieilles installations." La dynamique est au rendez-vous et le Gouvernement veut donc la maintenir. "Un certain nombre de Fonds air-bois arrivant à échéance en 2022, l'idée est aussi de les prolonger jusqu'en 2025", complète le ministère.

 

Un label unique national pour veiller à l'humidité minimale du bois

 

Une campagne de communication à l'échelle nationale va en complément être lancée avant chaque période de chauffe (qui commence souvent en octobre), afin d'expliquer aux particuliers l'existence d'aides et leur recommander les bonnes pratiques d'utilisation. L'accent sera clairement mis sur la pédagogie : "On a rajouté dans le DPE (Diagnostic de performance énergétique) la possibilité d'indiquer des recommandations pour le chauffage au bois, et le ramonage des vieilles installations a été rendu obligatoire chaque année sur l'ensemble du territoire", précise-t-on encore de source ministérielle.

 

Pouvoirs publics et acteurs de la filière vont également travailler de concert sur la promotion d'un combustible de qualité, ce qui passera par la mise en place d'un label unique national d'ici "12 à 18 mois". Particuliers comme professionnels auront ainsi accès à "une référence claire reconnue par l'État", qui encadrera la vente de bois sur le marché formel en veillant à son taux d'humidité minimal.

 

Les préfets aussi dans la boucle

 

Enfin, il sera demandé aux préfets des territoires les plus pollués "de prendre les mesures nécessaires d'ici le 1er janvier 2023" pour réduire les émissions du chauffage au bois. Dans les faits, cela se traduira par un encadrement, d'une part des installations de nouveaux appareils, avec notamment des critères minimaux de performance, et d'autre part de la bonne utilisation des anciens appareils.

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