RÉNOVATION. La prime à la conversion des chaudières deviendra un dispositif de "chaudières à 1 euro" pour les ménages les plus modestes grâce au concours d'énergéticiens comme EDF, Engie, Total ou Effy. Les ministres de la Transition écologique et solidaire et du Logement ont dévoilé les contours de cette initiative de lutte contre la précarité énergétique et contre les émissions de gaz à effet de serre.

François de Rugy et Julien Denormandie ont tenu, ce 24 janvier 2019, une conférence de presse commune pour expliquer la prime à la conversion des chaudières anciennes, qui pourra se muer, pour les foyers les moins favorisés, en "chaudière à 1 euro". Le ministre de la Transition écologique et solidaire détaille : "EDF, Engie, Total et Effy font une offre très concrète à nos concitoyens. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment par le chauffage des logements, est un enjeu écologique et social, pour le pouvoir d'achat. Quel type de chauffage choisir ? Pour quelles consommations et quels coûts ?". Le gouvernement avait déjà annoncé, par la voix d'Edouard Philippe, vouloir éradiquer les chaudières au fioul domestique dans les 10 ans. François de Rugy enfonce le clou : "Ces chaudières cumulent les inconvénients : elles sont polluantes et leurs factures sont fluctuantes en fonction des cours de pétrole et plutôt à la hausse". Mais comme le montant d'investissement pour ces équipements est plus bas que pour les autres énergies, les ménages étaient encore poussés à y recourir. "Il faut libérer les Français du pétrole en leur proposant des solutions plus performantes et des factures plus maîtrisées", poursuit le ministre.

 

Réduire au minimum le reste à charge des ménages

 

En concertation avec les entreprises de l'énergie, le gouvernement mobilisera des financements par les Certificats d'économies d'énergie (CEE) lors du remplacement de vieilles chaudières (fioul ou gaz) par une solution plus vertueuse type pompe à chaleur, chaudière à pellets ou chaudière au gaz performante. En cumulant les différentes aides disponibles (Anah, CITE, chèque énergie…) à la prime des énergéticiens, les consommateurs pourront parvenir à limiter le montant d'investissement, jusqu'à 1 € pour les plus modestes. François de Rugy ajoute : "L'objectif est d'atteindre 600.000 chaudières remplacées en 2 ans sur les 3 millions de chaudières au fioul que compte la France". Ce à quoi Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, renchérit : "Ce sont des objectifs importants et nous nous sommes placés du côté des citoyens. Il existe une multitude d'aides et nous avons travaillé à simplifier l'ensemble des dispositifs, notamment au travers de FAIRE, pour l'accompagnement qui est très important. Et c'est encore renforcé par les entreprises partenaires ici présentes". Pour les deux ministres, l'enjeu résidait dans le "reste à charge", c'est-à-dire le montant que les ménages auraient à débourser réellement une fois les aides déduites.

 

Des travaux au rabais ?

 

Et c'est le travail réalisé en amont avec les entreprises partenaires qu'ont émergé des offres packagées complètes qui simplifient le montage des dossiers. François de Rugy reprend : "On parle souvent de 'guichet unique' à créer. Mais nous avons raisonné autrement, de façon très pragmatique, en partant des entreprises et opérateurs qui sont au contact des clients". Ce sont donc les énergéticiens qui effectueront les démarches, comme l'explique Frédéric Utzmann, cofondateur d'Effy : "Il faut rendre la transition plus simple, plus efficace et plus solidaire. Et donc apporter aux ménages un interlocuteur unique dans leurs parcours de rénovation. Comme les plus modestes ne peuvent pas payer des travaux, il faut avancer l'argent. D'où l'isolation des combles à 1 euro, qui se sont développées. Grâce à Effy, 70.000 ménages en ont bénéficié à ce jour, au rythme de 3.000 par mois environ". L'entreprise se charge en fait de mobiliser les aides (CEE, Anah, CITE…) puis de coordonner le tout en apportant une garantie technique. Il en sera de même pour les chaudières. Le dirigeant reprend : "Les travaux à 1 euro ne sont pas des travaux au rabais. Les équipements de qualité (PAC made in France) sont posés par des installateurs de qualité. Nous avons travaillé une réponse standardisée avec les industriels et les négoces locaux. C'est un véritable enjeu de filière puisque nous avons enregistré 10.000 demandes en une semaine ! Le coup de pouce doit se transformer en coup de poing".

 

Des factures allégées qui permettent de rembourser l'éco-PTZ

 

Les entreprises partenaires proposeront donc des primes de l'ordre de 3.500 à 5.500 € selon les revenus du ménage pour remplacer des chaudières anciennes, primes qui seront cumulables avec les aides de l'Anah et le CITE, pour parvenir, dans certains cas, à des financements de l'ordre de 12.000 €. Grâce aux économies d'énergie réalisées sur les factures (évaluées entre 300 et 1.000 € par an selon la situation initiale) le retour sur investissement du fameux "reste à charge" sera rapidement atteint. En moins d'un an pour les plus modestes, et en quelques années pour les foyers dont les revenus annuels sont supérieurs à 29.000 €. D'autant que les occupants pourront également solliciter un éco-prêt à taux zéro pour assurer la fin du relai, profitant du fait qu'à partir du mois de mars 2019, il sera disponible même si les travaux ne sont pas réalisés dans le cadre d'un bouquet.

 

EDF, Engie et Total annoncent avoir mis sur pied différentes offres commerciales et avoir formé des milliers de techniciens et de conseillers pour accompagner les Français vers de nouvelles énergies, qu'il s'agisse d'électricité, de gaz ou de bois. Car, selon la localisation et le mode d'habitation, la réponse technique pourra changer entre une PAC géothermique, une chaudière gaz à condensation ou un chauffage aux granulés. Tous assurent également que le dispositif n'aura aucun impact sur le prix des énergies qu'ils distribuent par ailleurs. Quant aux ministres, ils rappellent également que des travaux sur l'enveloppe de la maison continueront à être aidés (isolation des combles ou des murs, changement des menuiseries).

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