Le feuilleton à rebondissements du projet de rénovation de la Samaritaine se poursuit : la cour administrative d'appel de Paris vient d'autoriser la reprise des travaux du grand magasin, suspendus depuis l'annulation d'un permis de construire en mai dernier. Un sursis à exécution avant une audience sur le fond le 5 décembre prochain. Réactions.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton du chantier de rénovation de la Samaritaine à Paris piloté par l'agence japonaise Saana. La cour administrative d'appel de Paris a autorisé, jeudi 16 octobre, la reprise des travaux suspendus après l'annulation au printemps dernier du permis de construire du grand magasin concernant uniquement "l'Ilot Rivoli" (Ndlr : ancien magasin 4 ), situé dans le 1er arrondissement de Paris. A noter, en effet, que le 5 octobre dernier, le rapporteur public s'était prononcé en faveur de la reprise des travaux.

 

"En application de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, la Cour administrative d'appel de Paris a ordonné qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 13 mai 2014 par lequel le Tribunal administratif de Paris a annulé, en première instance, l'arrêté du maire de Paris du 17 décembre 2012 autorisant la Société des grands magasins de la Samaritaine à démolir et reconstruire, souligne la juridiction dans un communiqué.
D'ailleurs, la Cour formule également dans son arrêt qu'"aucun des moyens soulevés à l'encontre du permis de construire litigieux par les associations requérantes n'apparaît, en l'état de l'instruction, fondé."

"Une erreur d'appréciation"

La Cour reconnaît toutefois qu'elle "a commis une erreur d'appréciation en estimant que le projet envisagé ne s'intégrait pas dans le tissu urbain existant, présentait un caractère sérieux." Et de rappeler un point essentiel dans l'affaire : "Cet arrêt ne préjuge pas de la décision qui sera rendue par la Cour sur le fond de l'affaire."

 

Du côté de la direction de la Samaritaine, le "soulagement" et la "satisfaction" sont de mise, nous souffle un porte-parole juridique chargé du dossier. "Cette décision rend effectivement possible une reprise des travaux dans l'attente de cette décision au fond, sachant que ceux-ci devraient bien entendu prendre fin en cas de confirmation de l'annulation du permis de construire prononcée par le tribunal administratif, ajoute-t-il. En attendant, on est serein et on va réfléchir si l'on va mener ou non une expertise préventive pour relancer les travaux de rénovation d'ici au 5 décembre prochain." Même son de cloche à la mairie de Paris qui se félicite de la décision. "On ne crie pas victoire mais on salue la décision de la Cour administrative", nous signale la mairie de Paris. D'ailleurs, elle réitère le "souhait de voir cette opération menée à terme dans une ville attractive, fidèle à son patrimoine et tournée vers son avenir."

"Une longue bagarre juridique"

Toutefois, l'une des deux associations, la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France (SPPEF)* qui a déposé deux recours devant la justice, s'annonce sereine. "On attend sereinement la décision sur le fond, qui est renvoyée devant l'assemblée plénière. Cela veut dire que la cour administrative d'appel a pris la mesure de cette affaire pour Paris", a commenté Julien Lacaze, vice-président de la Sppef. La bagarre juridique est encore loin d'être aboutie. Réponse le 5 décembre prochain…

 

*Les deux associations, la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris avaient, en effet, déposé deux recours devant la justice pour contester les permis de construire accordés fin 2012 au groupe de luxe LVMH.

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