BIOMASSE. Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a posé la première pierre d'une importante unité de production de granulés de bois par vapocraquage qui alimentera, entre autres, une centrale à cogénération. Les "pellets" serviront de combustible de substitution au charbon pour le chauffage de 130.000 habitants de l'agglomération rémoise.

C'est une grosse unité qui s'alimentera de 350.000 tonnes de bois, provenant de 150 km à la ronde. L'ensemble industriel FICA-HPCI (pour "Filière industrielle Champagne Ardennes Haut Pouvoir Calorifique Industriel") situé sur la plateforme de Pomacle-Bazancourt dans la Marne, est un ensemble inédit qui marie une centrale de cogénération biomasse et usine de production de granulés traités par vapocraquage. Un investissement conséquent, de 100 M€, consenti par Européenne de Biomasse, Meridiam et la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts et consignations), pour obtenir un combustible alternatif au charbon ne nécessitant pas de modifier les chaudières existantes.

 

Ce "HPCI black pellet" est obtenu par vapocraquage, un procédé mis au point par l'entreprise au terme de 12 ans de R&D, qui consiste à soumettre des résidus de bois broyés à une forte température et une forte pression puis à les libérer soudainement pour les pulvériser. Le groupe Européenne de Biomasse assure que le bilan CO2 est neutre tandis que les performances thermiques du combustible obtenu (densité, pouvoir calorifique, résistance à l'eau) en font une solution efficiente pour les chaufferies, centrales et grosses installations industrielles. Environ 120.000 tonnes de biocombustibles seront produits chaque année. Il est estimé que leur utilisation évitera le recours à des énergies plus polluantes et donc, l'émission dans l'atmosphère de 230.000 tonnes de CO2 par an.

 

Une unité vitrine destinée à être dupliquée

 

L'usine alimentera la centrale cogénération, qui fournira de l'électricité à Enedis (90 GWh soit la consommation domestique de 30.000 habitants environ) et de la chaleur (130 GWh), sous forme de vapeur, d'abord pour produire les "black pellets" mais également pour un industriel local de l'agroalimentaire (ADM Chamtor). "Notre région est en train de s'affranchir du charbon", s'est enthousiasmé Jean Rottner, président de la région Grand-Est. De son côté, Jean-Baptiste Marin, président d'Européenne de Biomasse, explique : "Nous voulons développer une véritable filière française de production du HPCI à partir de notre tête de série industrielle FICA. A moyen terme, notre ambition consiste à construire en France plusieurs usines de capacité au moins équivalente à FICA-HPCI. A plus long terme, nous prévoyons de dupliquer ce modèle dans d'autres pays européens et vers d'autres régions du monde disposant de ressources en biomasse valorisables en énergie, au rythme de construction d'une usine par an pendant 10 ans".

 

Le dirigeant estime que le marché potentiel de ces unités de vapocraquage de biomasse pourrait s'élever à 16 Mrds €/an, "en augmentation de plus de 10 % par an". Malgré cette vision très extensive, la société revendique une "valorisation raisonnée de la biomasse, dans le respect des usages existants", ceci afin de réduire les rayons d'approvisionnement et l'empreinte carbone du transport. En termes d'emploi, il est prévu que l'usine FICA-HPCI mobilise 350 personnes, dont une quarantaine sur le site industriel et le reste dans les forêts de la région Grand-Est. L'entrée en service de l'unité pilote est programmée pour le mois d'octobre 2020.

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