En 2016, l'activité fluviale a pâti de mauvaises récoltes céréalières. Mais la reprise du secteur du BTP a entraîné une hausse du transport de matériaux de construction qui l'a partiellement compensée. Voies Navigables de France (VNF) fait le point sur ces tendances et sur l'espoir placé dans certaines filières émergentes.

Dans son édito des chiffres du transport fluvial pour l'année écoulée, Guillaume Dury, le directeur du développement de VNF, est très clair : "En 2016, l'activité fluviale s'établit à 6,8 Mrds de tonnes-kilomètres, soit un recul de -8,5 % par rapport à 2015. [Elle] a pâti principalement de la mauvaise récolte céréalière. (…) Malgré cette contraction générale, certains indicateurs suggèrent une relance en 2017. Les matériaux de construction, portés par la reprise progressive du secteur BTP, affichent une tendance positive en 2016". Un peu plus loin, il enfonce le clou : "Le trafic fluvial devrait donc rebondir en 2017. Le dynamisme du secteur BTP et la progression continue des filières émergentes (bois, colis lourds, produits issus de l'économie circulaire…) augurent de belles perspectives".

 

Le Grand Paris entre en Seine

 

En chiffres, le trafic global des matériaux de construction est en nette hausse : +15,2 % en tonnes, avec 21,8 millions de tonnes transportées, et +5,4 % en t-km (unité de mesure correspondant au déplacement d'une tonne de marchandise sur un kilomètre de distance), avec 2,11 Mrds d'unités. Ces matériaux représentent 42 % du poids total transporté par barges et péniches, loin devant l'agroalimentaire (24 %) l'énergie (11 %), la métallurgie ou les conteneurs lourds (8 % chacun). Le document des Voies Navigables de France décortique : "La tendance positive touche la quasi-totalité des bassins. Le secteur du BTP, dynamisé par la croissance du logement neuf, laisse entrevoir une poursuite de cette tendance dans les années à venir". En particulier, le chantier du Grand Paris devrait avoir une forte influence dans le futur. En 2016, le transport des matériaux de construction sur la Seine a représenté 12,8 Mt (+18,2 %), avec la montée en puissance des différents travaux d'infrastructure. VNF signale notamment la forte hausse du transport de déblais de chantier par voie fluviale (+33 %). Du côté des flux internationaux, avec nos voisins européens, les matériaux de construction ont pesé lourd, avec 1 Mt d'importations en provenance de Belgique (soit 28,6 % du total) et 2,2 Mt d'exportations vers l'Allemagne (45,8 % du total) ou encore 1,5 Mt en direction des Pays-Bas (28,8 %).

 

Le bois énergie devra compenser la baisse du charbon

 

Autre tendance observée, l'expansion des flux relatifs à la filière bois : +11,4 % à 2,7 millions de t-km, soit 111.000 tonnes de matériau transporté. Un volume encore faible, comparé à d'autres marchandises, mais qui a été multiplié par sept en 10 ans. Là encore, la hausse devrait se poursuivre, en relation avec "les nombreux projets liés à la biomasse par combustion". VNF signale que les bassins de la Seine et du Rhône en profiteront dès 2017, avec l'entrée en service de centrales "aux objectifs ambitieux". Pour comparaison, les combustibles minéraux (charbon), représentent encore 1,43 Mt d'activité par an (-18,8 %).

 

Quant aux principaux ports publics, six d'entre eux ont manutentionné plus de 2 millions de tonnes de marchandises sur leurs terminaux vers le mode fluvial. Le Grand Port Maritime de Rouen arrive en tête (5 Mt) devant les ports de Mulhouse-Rhin (4,9 Mt) et de Gennevilliers (3,8 Mt). Suivent Strasbourg (3,5 Mt), le Havre (3,4 Mt) et Dunkerque (2,7 Mt). Les bassins de la Seine et le cours du Rhin portent le principal de l'activité (21,2 Mt et 12,8 Mt), devant les canaux du Nord-Pas-de-Calais (8,9 Mt) et de Champagne-Ardennes-Lorraine (5,8 Mt).

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