GOUVERNANCE. Alors que l'organisme paritaire souhaitait préparer la succession de son directeur général, Bruno Arbouet demeurera "encore quelques instants" dans cette fonction. La filiale Action Logement Services devrait en revanche avoir un nouveau patron le 10 juillet.

Déception pour l'état-major d'Action Logement (ex-1% Logement), qui a publié ce lundi 8 juillet ses comptes consolidés pour la première fois de son histoire. Les dirigeants de l'organisme paritaire, l'un des principaux acteurs du logement social en France, pensaient être bombardés de questions sur son bilan de 83,4 milliards d'euros, ses 33 milliards de fonds propres, son 1,145 milliard de résultat net en 2018, ou encore ses 8,3 milliards de trésorerie. Las ! Lors de la conférence de presse, ils ont été principalement interrogés sur le récent vrai faux départ de Bruno Arbouet, directeur général d'Action Logement Groupe, la structure faîtière de l'ensemble qui chapeaute Action Logement Immobilier (ALI) et Action Logement Services (ALS).

 

Réaction des représentants du gouvernement

 

Donné partant de son poste par plusieurs médias mi-juin, avec pour successeur Koumaran Pajaniradja, l'actuel directeur général d'ALI, Bruno Arbouet avait finalement été maintenu dans ses fonctions. Dans un post publié sur son blog, la CGT avance comme explication à cette marche arrière la réaction des commissaires du gouvernement. Les représentants des ministères du Logement, de l'Economie et du Budget au conseil d'administration d'Action Logement ont dénoncé l'absence de certains documents justifiant l'indemnité de départ de Bruno Arbouet, et le non-respect de certaines procédures relatives à la nomination de Koumaran Pajaniradja, détaille le syndicat. Selon celui-ci, un nouveau conseil d'administration avait donc été convoqué le 27 juin avec, à l'ordre du jour, une délibération indiquant "qu'il était demandé à Bruno Arbouet, dans un souci d'apaisement, de ne pas partir au 31 août 2019."

 

Le principal intéressé livre une version quelque peu différente : "Nous avons voulu mettre sous contrôle la gouvernance, compte tenu de mon âge. Comme j'ai conduit la transformation d'Action Logement [en un véritable groupe, structuré par une ordonnance de 2016 ; Ndlr], le conseil d'administration m'a demandé de rester encore quelques instants (sic) pour accompagner cette phase transitoire." Bruno Arbouet, qui refuse de communiquer sur son âge, renvoyant à sa fiche Wikipedia, serait né le 13 mars 1956, et donc âgé de 63 ans. Son mandat à la tête d'Action Logement, d'une durée de six ans, s'achèvera à l'âge de 65 ans. "Nous souhaitions organiser la succession en amont", a renchéri Bruno Arcadipane, le président d'Action Logement Groupe. Pour qui il "convient de tirer un trait sur cet épisode."

 

Trois DG en trois ans pour ALS

 

Une résolution qui ne semble pas partagée par tous : "Au vu de la cacophonie ambiante, de la non association des organisations syndicales aux prises de décision, une nouvelle rencontre aura lieu entre celles-ci, le 12 juillet", indique la CGT sur son blog. Une réunion qui, d'après le syndicat, précèdera "une mise au point avec le patronat sur les règles de fonctionnement du paritarisme." Ce rendez-vous prévu pour ce vendredi a en fait été décalé, ont répondu les dirigeants d'Action Logement, sans autre précision.

 

Ce qui est sûr, en revanche, c'est le départ de Jean-Luc Guitard de la direction générale d'ALS, qu'il occupait depuis peu de temps. Il s'agit d'une démission et non d'un licenciement, a affirmé Bruno Arbouet, en marge de la conférence de presse. En tout état de cause, ALS aura un nouveau directeur général à l'issue de son conseil d'administration du 10 juillet, a promis Jean-Baptiste Dolci, vice-président d'Action Logement Groupe. ALS a déjà connu trois directeurs généraux en trois ans, rappelle la CGT.

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