DÉCRYPTAGE. La préfecture de police a publié sa doctrine en matière de risque incendie et "construction des immeubles en matériaux biosourcés et combustibles". Celle-ci, à certains égards très (trop ?) exigeante sur le plan sécuritaire, sème le trouble auprès des acteurs de la construction bois.


Un groupe de travail réunissant professionnels des biosourcés et ministères du Logement et de l'Intérieur a été lancé, début 2021, pour faire évoluer la réglementation incendie en lien avec la construction bois. Son objectif : harmoniser les règles de manière à proposer un cadre clair, cohérent, en la matière, histoire de préparer le terrain pour l'entrée en vigueur, en 2022, de la réglementation environnementale, censée pousser l'utilisation de biosourcés dans le neuf. Mais un élément est venu, ces derniers mois, troubler cette situation : la publication d'une doctrine portant précisément sur ce sujet, signée par la préfecture de police (PP), la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), le laboratoire central de la préfecture de police et le service des architectes de la sécurité. Ce document avance en effet une série de préconisations particulièrement exigeantes (voir le tableau ci-dessous) pour les constructions bois de toutes hauteurs, afin d'y limiter au maximum le développement d'un feu. Elles n'ont bien sûr pas valeur de réglementation. Mais en raison du poids politique et de la crédibilité technique des entités qui en sont à l'origine, ce texte peut venir déstabiliser maîtres d'œuvre et maîtres d'ouvrage engagés dans les biosourcés : les voilà en effet confrontés à différents travaux, effectués en parallèle par différents acteurs importants, sur un même sujet qui plus est particulièrement sensible. En cas de sinistre, faut-il le rappeler, la responsabilité de chaque acteur impliqué dans la construction est potentiellement engagée ; d'où le risque que pourrait représenter, pour un maître d'ouvrage qui construit en bois, le fait d'appliquer des mesures qui viendraient en opposition avec celles édictées, dans cette doctrine, par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Cette publication pourrait également freiner le développement de la construction biosourcée en tendant à lui imposer des conditions techniques telles que son coût en serait décuplé, tout en complexifiant les phases de conception et de réalisation. Batiactu fait le point autour de ce dossier.
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