CONJONCTURE. Sur les trois premiers mois de l'année, les entreprises artisanales du bâtiment ont enregistré une croissance de +2,5 % par rapport à la même période en 2017. Une activité portée par la reprise de la construction neuve, mais qui pourrait être impactée par les grèves dans les transports, si elles devaient se poursuivre.

Jusqu'ici tout va bien. Malgré les conditions climatiques défavorables du début de l'année, les artisans de la construction ont réalisé un bon premier trimestre 2018, avec une activité globalement en hausse de +2,5 %, qui fait suite à un quatrième trimestre 2017 lui-même à +3,5 %. Les carnets de commandes restent également favorablement orientés, même s'ils se renouvellent plus facilement dans le neuf que dans la rénovation. Cette seule activité d'entretien-amélioration ne progresse en effet que de +0,5 % mais elle devrait profiter du dynamisme des travaux de performance énergétique (+2,5 %). La Capeb note : "L'ensemble des corps de métiers profitent de la hausse de l'activité, comprise entre +1,5 et +3,5 %, notamment les entreprises d'électricité qui enregistrent la plus forte progression ce trimestre". Pour les décorateurs-plâtriers, cette augmentation a été plus mesurée par exemple (+1,5 %). Et la tendance devrait se poursuivre dans les mois qui viennent, puisque les mises en chantier de logements sont en hausse (+12,5 % en cumul sur un an) et représentent plus de 427.000 unités commencées, tandis que les autorisations atteignent presque les 505.000 logements (+8 %).

 

Les difficultés d'approvisionnement pourraient se multiplier

 

Cependant, cette embellie pourrait être ternie par l'impact indirect des grèves de la SNCF. Patrick Liébus, le président de la Capeb, explique : "Pour le moment les entreprises ont fait face comme elles pouvaient, en réorganisant leurs interventions, par exemple en privilégiant les chantiers plus près de leurs ateliers". Mais nombre d'entre elles auraient "perdu du temps dans les transports routiers, du fait du surencombrement du réseau routier et du trafic accru". Et si la situation devait perdurer jusqu'en juin, comme prévu par les syndicats, les conséquences pourraient être fâcheuses : "Sur les trois mois prévus, ces grèves auront un impact sur notre activité, c'est certain", en raison de difficultés d'approvisionnement en matières premières ou en produits de la construction.

 

La Capeb est également en attente de clarifications sur les dispositions du projet de loi Elan et sur les mesures du Plan de rénovation énergétique des bâtiments, ainsi que de la future loi de finance 2019, qui toutes "pèseront sur la structuration de la demande, tant dans le neuf que dans l'ancien". Patrick Liébus estime que les choses vont dans le bon sens, mais que le projet de loi "ne va pas déclencher de choc d'offre, ni changer fondamentalement l'activité". Pour la Capeb la conjoncture reste intimement liée aux divers dispositifs d'aides existants (TVA à taux réduit de 5,5 %, Crédit d'impôt transition énergétique, Prêt à taux zéro). La confédération conclut : "Il reste, plus que jamais nécessaire de ne pas casser la reprise qui s'est engagée". Car les entreprises du secteur ont créé des emplois : "30 % des entreprises artisanales ont cherché à embaucher au cours du second semestre 2017". Ainsi, l'emploi salarié dans le segment des PME/TPE du bâtiment a-t-il progressé de +1,5 % pour atteindre le seuil des 700.000 salariés à la fin de l'an dernier (soit +7.000). Les artisans espèrent, cette année, parvenir à créer entre 8.000 et 10.000 emplois supplémentaires.

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