Enfant du Havre, l'architecte René Dottelonde s'est inspiré de l'atmosphère de la Haute-Normandie pour créer la sculpturale Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI). Ses façades fendent l'air tel un brise-lame et reflètent les humeurs du ciel à l'image d'une peinture abstraite. Un plan d'eau cadre ce tableau haut en relief.

«L'avantage par rapport à nos concurrents (Alain Sarfati, Claude Vasconi, Jean Amoyal, Patrick Berger) était que nous connaissions bien le climat de la ville du Havre», a expliqué l'architecte René Dottelonde lors d'une visite à la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI), le 13 janvier dernier. «Outre le fait de correspondre au programme, notre réponse s'adaptait au vent, à la lumière et au ciel havrais», a-t-il poursuivi.

Sa fille, l'architecte Phine Weeke Dottelonde, a précisé que «la physionomie de la CCI contrastait entre une forme stable et des volumes brisés, symboles à la fois de pérennité et de dynamisme pour l'institution». Elle a également ajouté que «la fragmentation des bâtiments jouait un rôle important afin de briser le vent d'ouest». Ce dernier arrive en droite ligne du bassin Vauban, plan d'eau d'un kilomètre de long dont la CCI referme la perspective.
Véritable navire à quai, la Chambre de Commerce et d'Industrie (8.100 m2, 200 employés) sait aussi se jouer des variations de météo et de lumière. «Au Havre, le temps change plusieurs fois au cours de la même journée», soulignait René Dottelonde, guettant une éclaircie pendant la visite. Il souhaitait alors montrer l'efficacité du pare-soleil enveloppant la façade du Pôle des échanges : une fine maille en acier inoxydable. Un rayon de Soleil aurait également pu faire scintiller les écailles en cuivre zingué qui recouvrent le bâtiment d'entrée. Heureusement, elles étaient aussi visibles dans l'atrium, éclairées par une pluie de lampes artificielles.
Le ciel havrais, capricieux jusqu'en fin d'après-midi, a tout de même permis de voir le soleil pénétrer en contre jour dans le bandeau translucide qui ceinture la façade arrière (dernier niveau et escaliers de secours latéraux). Le reste de cette façade, composée de verres sérigraphiés, est inspirée d'une toile de l'artiste Nicolas de Staël intitulée «Lumière du Havre» (1952). Comme pour cette oeuvre, il s'agit d'un travail d'abstraction du ciel, aujourd'hui fruit d'une image pixelisée.

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