L'offre de General Electric pour la reprise du groupe industriel Alstom a finalement été choisie par le gouvernement. L'accord, qui a été scellé ce week-end, implique Bouygues, le premier actionnaire, et une participation de l'Etat au capital. Plusieurs co-entreprises devraient être créées. Détails.

Le feuilleton sur l'achat d'Alstom par un géant étranger a finalement trouvé une conclusion. Arnaud Montebourg, oubliant sa préférence pour l'offre de reprise par Siemens (allié pour l'occasion au Japonais Mitsubishi), est apparu au journal télévisé de France 2 pour expliquer le dénouement de l'affaire. L'offre de General Electric (GE), revue à la hausse en termes d'investissement et d'emplois, a donc été choisie au prix d'un montage complexe avec Bouygues, actuel premier actionnaire d'Alstom.

 

Prêt des droits de vote et option d'achat
Le groupe de BTP et l'Agence des participations de l'Etat ont d'abord passé un accord, gracieux, permettant à l'Etat de disposer temporairement de 20 % des droits de vote attachés aux actions du groupe industriel disputé. Ceci afin que l'exécutif puisse siéger au conseil d'administration et exercer un pouvoir. Le gouvernement pourra ensuite, pendant 20 mois, acquérir ces titres au tarif de 35 € l'unité : une bonne affaire pour Bouygues qui évite de subir une moins-value qui, en 2013, lui avait coûté 1,4 Mrd€ dans ses comptes pour ramener la valeur de l'action à 34 € (son cours était à 28 €, à la clôture du vendredi 20 juin 2014). Dans le cas où cette option ne serait pas activée dans les 20 mois, l'Etat aura toujours la possibilité de se porter acquéreur sur les marchés.

 

De son côté, GE va pouvoir mettre la touche finale au « deal » avec Alstom. Le géant américain mettra la main sur les activités gaz et vapeur mais pas sur les activités nucléaires, trop stratégiques pour le Gouvernement. Pour cette dernière, pour les énergies renouvelables, dont l'éolien offshore et l'hydroélectricité, et pour les réseaux de transmission, des coentreprises seront créées. Ne subsistera, pour Alstom, que la branche transport qui bénéficiera d'une recapitalisation importante. Car, suite à la cession de toutes les branches liées à l'énergie, c'est un chèque de 12,35 Mrds€ que devrait recevoir le groupe français. De ce montant, 2,6 Mrds seront immédiatement réinvestis dans les coentreprises et 3 Mrds consacrés à la réduction de la dette. Enfin, pour 600 M€, Alstom reprendra la branche de signalisation ferroviaire à GE.

 

Nationalisation partielle
Concernant l'emploi, Arnaud Montebourg a déclaré à l'antenne de RMC, ce lundi 23 juin, que le repreneur américain avait certifié qu'il allait créer 1.000 emplois : "Nous avons demandé des engagements, avec des pénalités financières, de l'ordre de 50.000 € par emploi non créé". Satisfait de ce dénouement et de l'accord conclu avec les divers intervenants, le ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique s'est félicité : « C'est une nationalisation partielle, avec l'Etat qui devient principal actionnaire. Grâce à cet accord, Alstom est maintenu, désendetté et allié. Il n'y a eu nulle braderie, nous avons préservé nos intérêts ».

 

De leur côté, les syndicats CGT et CFE-CGC se disent plutôt inquiets de l'éclatement d'Alstom et de la future gouvernance des co-entreprises. Seule la CFDT salue l'entrée du gouvernement dans le capital.

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