TRANSITION. Face à la multiplication des offres d'électricité "verte" et face à l'intérêt croissant des consommateurs français pour les EnR, l'Ademe propose de créer un référentiel puis un label qui identifiera les fournisseurs les plus ambitieux.

Pas moins de 18 fournisseurs d'énergie proposaient déjà, en 2017, des offres d'électricité verte. Leur nombre est encore plus élevé aujourd'hui (près d'une trentaine selon Greenpeace, voir l'encadré), en raison d'une demande forte de la part des clients. Ce segment a plus que doublé en trois ans, pour atteindre 5 % de la consommation totale d'électricité dans l'Hexagone. Pour autant, l'Agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime que cet essor n'a pas réellement contribué au développement de nouvelles installations de production d'électricité renouvelable en France…

 

Rappelons que l'électricité "verte" est produite à partir de sources décarbonées (principalement les barrages et retenues d'eau, mais également l'éolien, le photovoltaïque ou la biomasse). Une fois injectée dans le réseau, ses électrons ne sont pas discernables des électrons provenant de sources autres (nucléaire ou fossiles). "En revanche, il est possible d'attribuer de façon conventionnelle l'électricité verte produite par une installation d'énergie renouvelable à un contrat de consommation", note l'Ademe. La provenance de cette électricité est garantie par un outil de traçabilité nommé "Garantie d'Origine" (GO), qui prend la forme d'un document électronique, disponible dans plusieurs pays de l'Union européenne, et qui permet au consommateur final d'être certain que sa consommation est couverte par des capacités vertes correspondantes.

 

Offre "Standard" versus offre "Premium"

 

Afin de mieux distinguer les différentes offres électriques, "souvent peu lisibles", l'Ademe recommande tout d'abord la mise en place d'un référentiel qui dressera une typologie et permettra de comparer sur des critères objectifs leur qualité. Puis, dans un second temps, elle préconise que les pouvoirs publics mettent sur pied un label qui imposera des contrats d'achat directs à des producteurs de renouvelables, afin d'orienter les investissements vers ces filières qui pourraient ainsi se passer de subventions. Deux niveaux seraient ainsi distingués : les offres "Standard", de base (avec achat séparé de l'électricité et des garanties d'origine, provenant principalement d'installation hydrauliques européennes), et les "Premium". Ces dernières impliqueront l'achat d'électricité et de GO au même producteur. Seuls trois fournisseurs seraient actuellement en capacité de répondre à cette demande (les trois "Très bons élèves" de l'encadré). En souscrivant à une offre "Standard", le client ne participera donc pas au développement de nouvelles capacités, le complément de prix associé à une GO étant insuffisant pour inciter le producteur à investir dans le domaine, en dehors des soutiens publics. L'offre "Premium", elle, donnera de meilleures conditions de rémunération et d'exploitation, pouvant contribuer, à l'avenir, à de nouvelles installations.

 

Classement des fournisseurs d'électricité verte selon Greenpeace (septembre 2018) :
Très bons élèves : Energie d'Ici, Enercoop, Ilek

 

Sur la bonne voie : Planète Oui, ekWateur, Énergem-UEM, Gaz & Electricité de Grenoble, Sélia, Alterna

 

A la traîne : Plüm Energie, Proxelia, Lucia, Energies du Santerre

 

Bonnets d'âne : Total Spring, Direct Energie, Engie, Happ-E, Sowee, EDF

 

Non classés car absents en 2017 : Butagaz, Cdiscount Energie, Elécocité, Electricité de Provence, ENI, Greenyellow Casino, Leclerc, Mint Energie, Ohm Energie, Urban Solar Energie

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