Une actionnaire du groupe de BTP a déposé une plainte contre X concernant Vinci et son ancien président, Antoine Zacharias. La plainte concerne notamment le délit d'initiés pour lequel l'autorité des marchés financiers a condamné le groupe le mois dernier.

Une actionnaire de Vinci a déposé une plainte concernant le groupe et son ancien président, Antoine Zacharias, pour «délit d'initié» et «abus de bien sociaux». La plainte contre X, déposée le 13 février au pôle financier du parquet de Paris, vise notamment le délit d'initié pour lequel Vinci a déjà été condamné en janvier par l'Autorité des marchés financiers (AMF) à une sanction de 800.000 euros.

 

Le groupe avait acheté 567.014 de ses propres actions entre le 20 janvier et le 3 février 2005, alors qu'il savait que les résultats consolidés pour 2004 seraient supérieurs aux prévisions, mais qu'il n'en avait pas encore informé le public. «En qualifiant l'information relative au chiffre d'affaires de l'année 2004 d'information privilégiée, la Commission des sanctions considère que si cette information avait été rendue publique, elle aurait été susceptible d'avoir une influence sur le cours des instruments financiers. (…) Dès lors que les informations privilégiées en cause étaient de nature à influer sur le cours de la valeur et étaient déterminantes des opérations réalisées, le caractère direct et personnel du préjudice subi par ma cliente est établi», indique dans sa plainte Maître Frédéric-Karel Canoy, l'avocat de l'actionnaire.

 

La plainte pour «abus de biens sociaux» concerne le montant «des rémunérations particulièrement importantes» qui ont été versées à l'ancien président du conseil d'administration de Vinci, Antoine Zacharias, démissionnaire de son poste le 1er juin 2006. Ce dernier avait quitté ses fonctions sous la pression du conseil d'administration de Vinci, avec une indemnité s'élevant à 12,9 millions d'euros. «Il est incontestable que le fait, pour le dirigeant d'une société anonyme de se voir octroyer des rémunérations et primes diverses pour un montant manifestement excessif et disproportionné, constitue un abus de biens sociaux», a estimé Maître Frédéric-Karel Canoy.

actionclactionfp