PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE. Une étude réalisée sur les logements parisiens montre que la taille du logement, l'étage auquel il se situe ou encore sa date de construction influent fortement sur l'étiquette énergétique des logements.

L'agence de location en ligne Flatlooker, a mené une étude afin d'identifier les types de logements les plus gourmands à Paris. Nombre de pièces, étage, mode de chauffage… selon les caractéristiques des logements, les étiquettes énergétiques varient fortement. Rappelons qu'en attendant la refonte du diagnostic de performance énergétique (DPE), l'étiquette énergie des logements reflète la consommation en énergie primaire par mètre carré et par an. Les logements considérés comme des "passoires énergétiques" sont ceux qui ont les étiquettes F et G, soit ceux qui dépassent les 330 KWh/m2.an.

 

Un décret paru ce début d'année interdit, à compter du 1er janvier 2023, la mise en location (ou le renouvellement même tacite du contrat de location) pour les logements dépassant 450 kWh/m2.an, ce qui correspond à l'étiquette G actuelle. Attention cependant, ce niveau s'entend en énergie finale, ce qui a pour conséquence d'exclure de cette catégorie des logements chauffés à l'électricité qui ont l'étiquette G. Ce sont donc environ 90.000 logements locatifs (dont 20.000 sociaux) qui sont concernés par cette interdiction de location, présentée par le gouvernement comme une "première étape".

 

Plus du tiers des T1 sont des passoires énergétiques

 

Premier enseignement de l'analyse, plus le logement est petit et plus il est énergivore. Ainsi, 35,2% des 1 pièce dépassent l'étiquette E du DPE. C'est 22,3% pour un 2 pièces, 6,1% pour un 3 pièces et 8,3% pour un 4 pièces et plus. On voit cependant que la part des passoires baisse jusqu'aux 3 pièces puis se remet à augmenter.

 

Les premiers étages sont les plus mal lotis

 

A l'étude de la performance énergétique selon l'étage des logements, il s'avère que 40,5% des logements en rez-de-chaussée ont un DPE F ou G. Pour les logements au premier étage, ce chiffre tombe à 29,4%. Au deuxième, il est de 26,2%. Au troisième étage, seul 20% des biens dépassent l'étiquette E. C'est 17,9% pour les biens situés au quatrième étage. "Les logements en étage bénéficient de l'apport de chaleur du logement du dessus et du logement du dessous, ce qui n'est pas le cas des logements en rez-de-chaussée. Aussi les factures de chauffage sont souvent plus élevées faisant augmenter le score DPE", explique Flatlooker.

 

Le type de vitrage n'est pas déterminant

 

Cela paraît contre-intuitif, et pourtant, le type de vitrage n'influence pas la performance énergétique d'un bien. En effet, selon les résultats de l'étude, 26,5% des habitations à simple vitrage dépassent le DPE E, et 25% des logements à double vitrage le dépassent également. "On s'attendait à une bien meilleure performance énergétique des logements avec double vitrage. Cependant, les fenêtres ne représentent en moyenne que 15% de la déperdition thermique totale d'un logement : leur influence est donc limitée au global", indique l'agence de location.

 

La méthode de chauffage a, en revanche, un fort impact

 

Le type de chauffage du logement influe énormément sur la qualité du DPE. Ainsi, 10,7% des biens chauffés au gaz sont des passoires thermiques. C'est 16,7% lorsque le logement est chauffé au fioul, et 36,7% lorsque le propriétaire a opté pour un chauffage électrique. Cette proportion de logements électriques passoires thermiques est appelé à fortement baisser si, comme il est envisagé, le DPE met en avant, à l'avenir, les consommations en énergie finale.

 

De nombreuses passoires thermiques parmi les logements construits entre 1970 et 1990

 

Flatlooker a analysé les biens par années de construction. 25,5% des logements construits avant 1930 s'avèrent dépasser le DPE E. Pour les logements bâtis entre 1930 et 1970, c'est 22,9%. Entre 1970 et 1990, ce chiffre grimpe à 31,7%. Après 1990, l'agence en ligne ne comptabilise quasiment aucune passoire thermique. "Les logements d'après 1990 intègrent des enjeux de performance énergétique dès leur construction, ce qui n'était pas le cas auparavant. Les constructions d'avant 1970 présentent proportionnellement moins de passoires thermiques car elles ont mieux vieilli que les constructions d'après 1970", analyse Nicolas Goyet.

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