COUP DE GUEULE. Les organisations patronales ne décolèrent pas contre la mise en place du dispositif de prélèvement à la source, dénonçant le coût financier pour les entreprises. L'U2P vient même de lancer une pétition.

Les représentants des entreprises ne décolèrent pas et cela se ressent dans leurs propos. Alors que Bercy lance ce 10 avril 2018 la campagne 2018 pour l'impôt sur le revenu, première étape du prélèvement à la source, la CPME et l'U2P montent au créneau pour dénoncer le coût d'une telle mesure pour les entreprises. La CPME regrette que le gouvernement continue à faire "la sourde oreille" malgré les mises en garde. L'Union des entreprises de proximité (U2P) juge "absurde et contreproductif d'en confier la mise en œuvre" aux patrons. "Les chefs d'entreprise artisanale, commerciale ou libérale n'ont ni DRH, ni fiscaliste, ni service juridique à leur disposition. Comment sont-ils supposés faire face à cette surcharge administrative ? Nous attendons une simplification du système, une sécurisation des employeurs et une compensation des coûts supplémentaires infligés aux entreprises", s'insurge Alain Griset, Président de l'U2P.

 

Le ton monte aussi à la CPME qui indique dans un communiqué qu'elle reste "farouchement opposée au fait de transformer l'entrepreneur en percepteur, continue à réclamer, a minima, une compensation financière et l'abandon de la pénalisation des éventuelles sanctions en cas de dysfonctionnement". Et elle prévient : "face à l'impossibilité de se faire entendre du gouvernement", elle "lancera prochainement une vaste action de sensibilisation des parlementaires".

 

125 euros par salariés pour les entreprises de moins de 20 salariés

 

De son côté, l'U2P passe déjà à l'action et annonce le lancement d'une campagne mobilisation nationale, ce 11 avril 2018, sous le mot d'ordre "Gérer les feuilles d'impôts, ce n'est pas notre boulot". Une campagne qui s'accompagne d'une pétition pour contester "les conséquences néfastes de cette mesure", explique l'organisation.

 

Les deux fédérations estiment que dans "les entreprises de moins de 20 salariés, le prélèvement à la source coûtera environ 125 euros par salarié pour la mise en place la première année et autant pour la gestion annuelle en régime de croisière. Cela représente un surcoût global d'un milliard d'euros pour l'ensemble de l'économie de proximité en 2019 et 500 millions chaque année par la suite".

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