Elles sont en constante progression : les énergies renouvelables fournissent désormais plus de 22 % du courant électrique français. Le Syndicat des Energies Renouvelables, RTE, Enedis et l'ADEeF dressent le panorama de l'électricité renouvelable à la mi-2017 : la puissance de tous les parcs cumulés - hydraulique, éolien, photovoltaïque, bioénergies - atteint presque les 47 GW. Détails et analyse.

Le parc renouvelable français augmente régulièrement de façon à tenir les engagements du pays en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais les objectifs fixés pour la fin de 2018, à savoir une puissance installée de 51,7 GW inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie, pourrait être atteints et même dépassés. A la fin du mois de juin 2017, cette puissance était déjà de 46,8 GW en cumulant les parcs hydraulique (25,5 GW), éolien (12,3 GW), solaire (7,1 GW) et bioénergie (1,9 GW). En douze mois, 2 GW de nouvelles capacités ont été raccordées. Dans leur 11e Panorama de l'électricité durable, le SER, RTE, Enedis et les autres distributeurs d'électricité analysent les résultats obtenus par toutes les filières.

 

Avec une puissance installée de 25,5 GW, la filière hydraulique reste la première source décarbonée d'électricité en France. Si les grandes installations sont en service depuis longtemps, la petite hydroélectricité progresse légèrement, avec 56 MW supplémentaires, principalement en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. Cette dernière concentre l'essentiel des capacités françaises grâce à sa topographie avec 11,6 GW reliés. Le volume des projets hydrauliques à venir s'élève tout de même à 301 MW. De quoi atteindre l'objectif des 25,8 GW fixé dans le scénario bas à l'horizon de 2023. Mais la puissance installée ne règle pas tout : le déficit pluviométrique enregistré en 2017 a pénalisé la production des barrages et retenues d'eau. Elle a diminué de 11 % par rapport au douze mois précédents. Le taux de couverture de la consommation nationale s'établit ainsi à 10,5 %.

 

Vent et soleil, les deux moteurs de la transition

 

Second contributeur, le secteur éolien dépasse les 12,3 GW de capacité (+12,9 %), même si les raccordements se sont nettement ralentis au cours du deuxième trimestre 2017. Les régions Grand Est (2,96 GW), Hauts de France (2,91 GW) et Occitanie (1,26 GW) sont celles où les parcs sont les plus nombreux et où les installations sont les plus dynamiques. Quant aux projets en développement, ils atteignent les 11,7 GW. L'objectif de la PPE de 15 GW en 2018 est donc atteint à 82,3 %. Pour l'atteindre, il faudrait augmenter le rythme actuel pour atteindre les 1,77 GW par an. La production de toutes les turbines déjà implantées a représenté 20,1 TWh (-12,8 %). Là encore, les conditions météorologiques ont été moins propices que les années précédentes. Le facteur de charge moyen a régressé pour atteindre les 19,4 % alors qu'il était de 25 % lors de la période antérieure. Et le taux de couverture de la consommation française s'est stabilisé à 4,2 % de moyenne sur l'année.

 

Le parc solaire photovoltaïque dépasse les 7 GW de puissance (+8 %). Cette fois, c'est la région Nouvelle Aquitaine qui reste la mieux dotée (1,8 GW) suivie de l'Occitanie (1,52 GW) et de PACA (1 GW). Le volume des installations en développement était de 2,57 GW au 30 juin 2017 (+23,7 %), principalement du fait de centrales de grandes dimensions. "Cette dynamique est à mettre en relation avec l'ouverture d'une période de visibilité matérialisée par un calendrier d'appels d'offres annoncé par la CRE", estiment les auteurs du Panorama. En ajoutant la puissance installée et celle à venir, on obtient 9,63 GW ce qui représente 94,4 % de l'objectif national fixé pour 2018. Si ce niveau semble à portée de main, celui de l'échéance suivante (15,5 GW en 2020) est en revanche bien ambitieux. Du côté de la production, l'ensoleillement qui a pénalisé l'hydroélectricité a bien favorisé le photovoltaïque : avec 9,3 TWh produits (+20 %), c'est un nouveau record qui a été battu. La filière solaire permet désormais de couvrir 1,9 % de la consommation électrique.

 

La bioélectricité, ce petit poucet

 

Enfin, les bioénergies électriques (déchets, biomasse, biogaz) cumulent 1,93 GW de puissance. Il n'a que faiblement progressé (+48 MW en un an) grâce à des projets installés dans des régions comme la Bretagne, Pays de la Loire et Normandie. Les régions en pointe restent l'Île-de-France (309 MW), la Nouvelle-Aquitaine (295 MW) et PACA (292 MW). Les auteurs du panorama certifient que "de nombreux sont à l'étude", totalisant 260 MW de capacités supplémentaires. Les objectifs nationaux pour 2018 sont d'ores et déjà atteints et dépassés. Pour l'étape suivante (2023), il est atteint à 75,5 %. Concernant la production électrique des unités en service, elle bat elle aussi un record avec plus de 8,8 TWh, ce qui a permis de couvrir en moyenne 1,4 % de la consommation française.

 

L'énergie éolienne joue un rôle croissant dans la transition (Ademe) :
L'Ademe et le SER soulignent l'apport de l'éolien depuis 2001 dans le nouveau panorama énergétique français. Selon une étude de l'Agence, la filière représente 18.000 emplois (directs et indirects) dans 600 entreprises réparties sur l'ensemble du territoire. La réalisation des objectifs de la PPE pourrait potentiellement en créer entre 40.000 et 75.000 de plus. Le secteur représente un montant de 1,84 Mrds € d'investissements. Sur la période comprise entre 2002 et 2015, les éoliennes ont permis d'éviter l'émission de 63 millions de tonnes de CO2 et de 250.000 tonnes d'autres gaz polluants (SO2, NOx…). Un bénéfice environnemental et sanitaire qui se chiffrerait en "milliards d'euros".
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