ETAT DES LIEUX. L'année 2016 a été une nouvelle année de record pour les raccordements d'énergies renouvelables au niveau mondial. Le solaire photovoltaïque et l'éolien sont les moteurs de cette progression, et le centre de gravité de la transition se situe en Asie. Parmi les événements notables, l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (Irena) souligne les progrès de l'Afrique et le bond des bioénergies.

La transition énergétique est un phénomène mondial d'abandon des sources carbonées au profit de sources plus durables et moins polluantes. Le directeur général de l'Irena (International renewable energy agency), Adnan Z. Amin est formel : "Nous assistons à une transformation de l'énergie qui se déroule partout dans le monde, ce qui se traduit par une nouvelle année record en termes de nouvelles capacités". En 2016 en effet, la puissance globale des EnR a augmenté de 161 GW (+8,7 %), une progression qui va même en s'accélérant, et qui a porté le parc installé au-delà des 2.000 GW.

 

Mais, contrairement aux années précédentes, c'est l'énergie solaire photovoltaïque qui s'installe en tête du classement des renouvelables, avec 71 GW de capacités supplémentaires, contre "seulement" 51 GW à l'éolien. Ces deux ressources, soleil et vent, sont accompagnées sur le podium par une troisième, l'hydroélectricité (+30 GW). Suivent les bioénergies (+9 GW) et la géothermie (+0,7 GW). Géographiquement, l'Asie représente, à elle-seule, 58 % des puissances raccordées en 2016, pour disposer d'un parc de 812 GW (41 % du total mondial). Cette région du globe est celle où la demande est la plus forte, entraînant une croissance de +13,1 % bien supérieure à celle d'autres zones comme l'Europe ou l'Amérique. L'Irena note que l'Afrique a fait un bond, avec 4,1 GW de nouvelles puissances, deux fois plus qu'en 2015.

 

Aucune trace de la France dans les géants des EnR

 

Dans le détail, l'énergie solaire a particulièrement été dynamique en Chine (+34 GW), aux Etats-Unis (+11 GW), au Japon (+8 GW) et en Inde (+4 GW). Des pays qui, à eux seuls, égalent ou dépassent la puissance installée dans toute l'Europe (+5 GW), un vieux continent où les deux principaux marchés ont été l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'énergie éolienne présente un profil assez similaire, avec une explosion des capacités en Chine (+19 GW) et une forte hausse aux Etats-Unis (+9 GW). Suivent l'Allemagne (+5 GW) et l'Inde (+4 GW). Le Brésil apparaît également dans ce classement avec 2 GW de puissances nouvelles. Ce pays a également misé sur l'hydroélectricité puisqu'il totalise, avec la Chine, 14,6 GW de capacités. Les autres pays qui ont développé des barrages et retenues d'eau sont le Canada, l'Equateur, l'Ethiopie et l'Inde. Du côté des bioénergies, l'Asie est en train de devenir un moteur mondial (+5,9 GW) en rattrapant l'Europe, qui a moins développé ces pistes alternatives en 2016 (+1,3 GW). L'Amérique du sud s'affirme également (+0,9 GW) sur ce segment naissant. Quant à l'énergie géothermique, elle reste plus délicate à mettre en œuvre, avec 780 MW d'installés l'an passé. Les nouvelles unités ont été ouvertes au Kenya (+485 MW), en Turquie (+150 MW), Indonésie (+95 MW) et Italie (+55 MW).

 

Adnan Z. Amin analyse : "Cette croissance dans le déploiement des renouvelables met l'accent sur les arguments de plus en plus forts en faveur de ces énergies qui ont également de multiples avantages socio-économiques en termes de valorisation de l'économie, de créations d'emplois, d'amélioration du bien-être ou de préservation de l'environnement. Mais un élan accéléré nécessitera des investissements supplémentaires afin de progresser de manière décisive vers la décarbonation du secteur de l'énergie et atteindre les objectifs climatiques. Cette nouvelle donnée est un signe encourageant : bien qu'il reste beaucoup à faire, nous sommes sur le bon chemin".
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