TRANSITION. Nicolas Hulot a fait plusieurs annonces pour intensifier le déploiement des énergies renouvelables électriques, éolien et photovoltaïque en tête. L'occasion de faire le point sur l'état d'avancement des différentes technologies, grâce au 8e Baromètre d'Observ'ER, et d'apprendre que le parc total frise les 49 GW de puissance raccordée.

Un vent d'optimisme souffle sur le monde des énergies renouvelables électriques. Les chiffres publiés par l'Observatoire des énergies renouvelables (Observ'ER) montrent que le parc français installé s'est accru de 2,4 GW de puissance supplémentaire en 2017, un chiffre supérieur à la progression enregistrée en 2016 (+2,3 GW), qui porte la puissance globale à presque 49 GW. "L'objectif 2018 de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) était atteint à 92 % à la fin de 2017", annonce Frédéric Tuillé, le responsable des études au sein de l'association. "Il est probable qu'il ne sera pas atteint, mais de peu, sans doute à 96 %, car il manquera l'éolien en mer, dont 500 MW étaient prévus pour 2018, par exemple", poursuit-il en présentant les chiffres du 8e Baromètre des renouvelables électriques.

 

Le panorama de ces énergies révèle par exemple que près de 88.000 GWh ont été produits en un an (entre septembre 2016 et septembre 2017), ce qui porte le taux de couverture EnR de la consommation électrique française à 19,4 %. Et la barre des 20 % pourrait être franchie prochainement. Le spécialiste rajoute : "Il faut renforcer le rythme de progression et passer plus facilement de la taille de l'installation pilote à l'échelle industrielle pour espérer approcher les objectifs de la PPE pour 2023". Car, d'ici là, ce sont plus de 22 GW qu'il faudra déployer sur tout le territoire français.

 

Toujours simplifier les démarches et intensifier la R&D

 

Pour y parvenir, Nicolas Hulot a présenté, ce 9 janvier 2018 les grands axes du déploiement des renouvelables. En déplacement dans la Sarthe, où il a visité une centrale photovoltaïque au sol et une ferme éolienne, le ministre a déclaré : "Pour répondre aux objectifs fixés dans le Plan Climat d'augmentation de la capacité des énergies renouvelables, nous allons renforcer et dynamiser ce cadre avec la révision de la PPE d'ici fin 2018 et avec un ensemble de mesures prévues pour accélérer la transition écologique". Il a tout d'abord confirmé le travail de simplification, lancé par Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat, pour l'éolien, le solaire et la méthanisation. Concernant l'éolien en mer, Nicolas Hulot a proposé la création d'une notion de "permis enveloppe" permettant la délivrance au lauréat d'un appel d'offres d'autorisations pouvait l'autoriser, a posteriori et dans certaines limites, à modifier le projet d'installation et de son raccordement. Sur ce dernier point, un nouveau cadre devra également permettre de mieux anticiper cette étape et de limiter les risques de retard "qui constituent un risque majeur pour le financement des projets de parcs éoliens en mer". Le ministère de la Transition écologique et solidaire souhaite enfin que les débats publics autour de ces installations soient menés plus en amont.

 

Du côté du photovoltaïque et de l'autoconsommation, des objectifs plus ambitieux ont déjà été définis. A l'horizon de 2023, la puissance installée oscillera entre 18,2 et 20,2 GW (contre 7,7 GW à la fin de 2017). Le volume des appels d'offres sera progressivement porté de 1,5 à 2,5 GW par an. "La quatrième période de l'appel d'offres pour les installations sur bâtiments, dont la clôture aura lieu le 9 mars prochain, portera ainsi sur 200 MW", signale le ministère. Concernant l'autoconsommation, le phénomène est en plein essor, avec 8.000 projets déclarés en 2016 et 6.000 pour la première moitié de 2017. Nicolas Hulot rappelle que plusieurs mesures ont déjà été décidées, dont la mise en place d'un arrêté tarifaire pour les petites installations et d'appel d'offres pour les plus grandes. Ce sont 50 MW qui seront ainsi répartis, tous les quatre mois pendant 3 ans, à des producteurs-consommateurs des secteurs industriels, tertiaires et agricoles. Selon Frédéric Tuillé, d'Observ'ER, l'autoconsommation connaît une réelle dynamique : "On assiste à une reprise du segment des installations individuelles (d'une puissance inférieure à 9 kWc) dont 20 % concernent des projets d'autoconsommation, généralement les plus petites, de 3 kWc".

 

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