SALON. Pour sa 4e édition qui se tiendra du 16 au 18 mai prochain, le salon Viva Technology verra toujours plus grand. L'an passé, plus de 100.000 visiteurs étaient venus à la rencontre de 9.000 jeunes pousses françaises et étrangères. Cette année, l'Europe, les femmes et la "Tech for good" seront mises à l'honneur. Découverte en avant-première.

"Après trois premières éditions qui étaient des succès, pour ce 4e rendez-vous, VivaTech s'agrandit, avec des espaces reconfigurés", annonce Julie Ranty, co-directrice de l'événement. Le salon de la technologie et des startups, qui avait réuni près de 100.500 visiteurs l'an passé et 9.000 jeunes pousses, s'étend en effet dans les halls d'exposition de la Porte de Versailles (Paris, 15e). Outre le hall 1, la grand-messe des technologies d'avenir investira le hall 2 ainsi que le Palais des Sports, dont l'immense salle pourra accueillir 5.000 auditeurs venus écouter des "speakers" de tout premier ordre, comme le président et chef de la stratégie de Samsung, Young Sohn, le champion d'échecs Garry Kasparov (pour Avast) ou le pdg de LVMH, Bernard Arnault.

 

Le débat sur l'UE s'invite sur le salon

 

La co-directrice fait valoir qu'en 2018, plus de huit startups sur dix étaient satisfaites de leur présence sur l'événement, notamment parce qu'elles y avaient rencontré des investisseurs potentiels. Cette année, les organisateurs veulent encore plus de qualité dans les échanges, avec le lancement de 100 challenges d'open innovation, qui ont déjà reçu plus de deux fois le nombre de candidatures de l'an passé. Le groupe Orange, par exemple, s'intéressera à la thématique du "Smart Home" pour son challenge. Maxime Baffert, l'autre co-directeur de VivaTech, renchérit : "Ce sera encore plus international cette année. Nous avons lancé un VivaTech tour dans une quarantaine de villes du monde. Et bien sûr, des pays auront leurs pavillons comme l'Allemagne, la Belgique, l'Italie ou le Royaume-Uni. Mais nous reconduirons également l'initiative Africatech qui a très bien marché en 2018, avec la participation de pays africains". Outre l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, le Sénégal et la Côte d'Ivoire seraient intéressés par une participation au rendez-vous parisien des hautes technologies.

 

De même, encore plus d'innovations seront présentées en 2019, par le biais des grands groupes industriels, dont Bouygues, qui y expose chaque année. Divers parcs dédiés à des grandes thématiques comme les "green techs", la robotique ou la mobilité seront présents, afin d'y découvrir différentes solutions comme les exosquelettes Exhauss ou encore l'initiative Hyper Poland de réseau Hyperloop polonais. Maurice Levy, le président du conseil de surveillance de Publicis Groupe ajoute : "Il y aura une forte présence de la Commission européenne, avec Pierre Moscovici et Carlos Moedas". Car la question européenne sera l'un des thèmes clefs de VivaTech. Julie Ranty s'interroge : "Dans un contexte incertain lié à l'actualité du Brexit et des élections européennes, comment faire pour que l'Europe pèse davantage sur la scène internationale des technologies ?". Car il est vrai que le Vieux continent connaît des levées de fonds 4 fois moins importantes que les Etats-Unis ou la Chine, et qu'il n'abrite qu'une dizaine de "licornes" (capitalisation boursière dépassant le milliard de dollars en moins de 10 années d'existence) sur les 265 identifiées dans le monde… L'un des fondateurs de Blablacar, Frédéric Mazzella, estime que le manque d'uniformité au sein de l'Union constitue un des freins, et que les difficultés de recrutements de talents en sont un autre. D'où la tenue de conférences dédiées, la mobilisation de ces licornes européennes pour donner l'exemple et le lancement d'une consultation citoyenne sur le modèle européen de demain.

 

Pas encore assez de femmes

 

La question de la place des femmes dans les nouvelles technologies sera également abondamment débattue. Pour l'heure, elles sont sous représentées dans les équipes digitales (28 %) et les équipes dirigeants (moins de 10 % des patrons de jeunes pousses) et ne parviennent pas à mobiliser tous les fonds qu'elles souhaiteraient (moins de 5 % sont levés par des femmes). D'où l'instauration, cette année de nombreux événements sur le salon VivaTech, dont des ateliers de réseautage et de coaching (mentoring, bootcamp) et le lancement d'un Female Funder Challenge par l'Union européenne. En outre, 40 % des intervenants seront des femmes, parvenant presque à la parité pour le nombre de speakers.

 

Enfin, le troisième grand enjeu de ce salon sera un focus particulier sur la "Tech for good", c'est-à-dire la mise au service du bien commun de la puissance de calcul. Là encore, des conférences seront tenues sur le sujet, tout comme la remise de prix, notamment sur la gestion de l'eau, tandis qu'une "Better Life Avenue" sera installée dans le hall 2 pour présenter diverses solutions exemplaires. Et si ce programme très dense ne suffisait pas à combler les acteurs de la French Tech, sachez que des soirées sont également prévues dont la VivaTech Night, en plein cœur de Paris à la rue Montorgueil (2e) ou le "CEO Diner". Et Julie Ranty révèle également travailler sur une "Nuit de l'écosystème" avec Numa et Station F. Les jeunes pousses n'ont pas fini de s'agiter !

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