IMMOBILIER. L'ancien Premier ministre et maire du Havre, Édouard Philippe, a partagé sa vision de la ville de demain lors d'une keynote, à la suite de laquelle il a été également interrogé par Méka Brunel. Quelles sont ses pistes de réflexion ?


Son intervention a débuté par une déclaration d'amour : "Je suis un amoureux de la ville (...), de la ville dense (...) et être un praticien de la ville, j'aime beaucoup cela. C'est le plus beau des mandats, être maire : c'est celui qui permet d'avoir la marque la plus puissante sur le réel." Après François Hollande en ouverture du MIPIM à Cannes, ce fut donc ce mercredi après-midi, au tour de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, de partager au cours d'une keynote sa vision de la ville de demain, avant d'échanger avec Méka Brunel, qui achève prochainement son mandat de directrice générale de Gécina.

 

"Je suis maire et être maire, c'est avoir la possibilité de penser la construction de la ville, son développement, avoir une stratégie à long terme pour la collectivité." E. Philippe, le 16 mars 2022.

 

Humilité et confiance

 

Aborder le sujet de la ville de demain implique d'abord, du point de vue de l'ancien Premier ministre, humilité et confiance.

 

Humilité car, pour Édouard Philippe, il est impossible de penser la ville de demain en formulant des idées arrêtées et définitives sur le futur qui est par essence, incertain et imprévisible. Le praticien de la ville doit s'adapter, faire avec ce qu'il a. Et pour appuyer son propos, il convoque Zola et Tolstoï : le premier, pour rappeler qu'une ville, telle que la décrit l'écrivain dans Le Ventre de Paris à travers le concept d'"urbanité", est un lieu physique de concentration de population et d'échanges, un lieu d'opportunités ; et le second, l'écrivain de Guerre et Paix qu'il citera dans le texte, pour rappeler que l'essentiel d'une ville se trouve dans une "réalité indestructible, immatérielle et puissante." Même une ville à terre, comme l'a été Le Havre à l'issue de la Seconde guerre mondiale - peut se relever : "les pages de Tolstoï, d'autant plus dans le contexte actuel, appellent à l'humilité (...). Une ville est comme une statue dans un bloc de marbre, elle est déjà là, on la révèle."

 

"En regardant les fourmis dispersées autour de la fourmilière ruinée, malgré la destruction complète de la fourmilière, par l'énergie, par le nombre incalculable des insectes, par l'observation, on voit que tout est ruiné, sauf quelque chose d'indestructible, d'immatériel qui fait toute la force de la fourmilière ; de même Moscou, en octobre, bien qu'il n'y eût ni autorités, ni églises, ni richesses, ni maisons, était la même ville qu'au mois d'août. Tout était détruit, sauf ce quelque chose d'immatériel mais de puissant et d'indestructible." Tolstoï, extrait de Guerre et Paix, cité par Édouard Philippe, le 16 mars 2022.

 

Face à l'accélération "inouïe" de l'urbanisation du monde, faut-il alors avoir peur ? Est-ce dangereux ? Non, pour Édouard Philippe : il faut aborder le sujet de la ville avec confiance. Car la ville se révèle souvent la meilleure échelle d'actions et une "bonne échelle pour la démocratie." Pour traiter les transitions énergétiques et la lutte contre le changement climatique, par exemple : "On dit souvent qu'il est difficile de réformer la France, mais ce que je sais, c'est que dans nos systèmes publics extrêmement contraints, les transformations des villes françaises sont un motif d'espoir."

 

C'est lors de son échange avec Méka Brunel, que les moyens d'y parvenir sont abordés : normes, concertations citoyennes... quelle est la vision de l'ancien premier ministre et maire du Havre ?

 

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