JUSTICE. Le procès des deux hommes poursuivis pour l'attribution du marché du "Balardgone", le "Pentagone à la française", vient de se terminer et les peines sont tombées : l'homme d'affaires Karim Aïssa et l'ancien militaire Fabrice Couderc sont tous deux condamnés à de la prison avec sursis. Détails.

Fin janvier 2020, le procès des deux hommes poursuivis pour l'attribution du marché du "Balardgone", le nouveau siège du ministère des Armées inauguré dans le XVe arrondissement de Paris en 2015, s'était ouvert, suivi au début du mois de février par les réquisitions du parquet. Le verdict est finalement tombé en cette fin juin : l'homme d'affaires Karim Aïssa, jugé pour "recel de favoritisme" et "corruption active" a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison dont deux avec sursis, à une amende de 50.000 € et à une interdiction de gérer une société. Présenté comme un "professionnel de la corruption", il s'est avéré qu'il offrait, entre autres, des places de spectacles ou de matches, ou encore qu'il promettait des rémunérations ou des reconversions de carrières dans le but d'obtenir des informations sur les procédures d'appels d'offres.

 

Pour rappel, l'affaire du Balardgone avait démarré par l'ouverture d'une enquête en 2010 suite à un signalement anonyme sur l'attribution, en février 2011, de ce partenariat public-privé de plus de 3,5 milliards d'euros à un consortium mené par Bouygues. Une autre personne était jugée dans ce dossier : Fabrice Couderc, un capitaine de l'Armée de terre, qui comparaissait pour "favoritisme" et "corruption passive", il a quant à lui été condamné à trois ans de prison avec sursis et à une interdiction d'exercer un emploi public pendant cinq ans. Accusé d'avoir dérobé des documents confidentiels, Fabrice Couderc avait été contacté par Karim Aïssa car il travaillait alors à la Direction mémoire patrimoine archives, un service qui traitait l'ensemble des dossiers immobiliers du ministère de la Défense. L'homme d'affaires lui aurait alors promis environ 80.000 € en échange de documents, mais aucune contre-partie financière n'a été versée dans les faits. L'ancien militaire assure de son côté n'avoir transmis que des informations et des documents d'ordre général, comme des brochures explicatives du projet.

 

Dans ce dossier, le Parquet national financier avait également demandé un procès pour un haut responsable de Bouygues, lequel a cependant bénéficié d'un non-lieu du juge d'instruction. D'après le magistrat, "il n'a pas été possible d'établir un lien entre les informations contenues dans les documents détenus par Karim Aïssa et les améliorations apportées à Bouygues dans son offre finale".

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