SITE DE PRODUCTION. Dans un contexte tendu et incertain, difficile d'être sûr de prendre la bonne décision. Dans le Bâtiment, les industriels se posent tous la question : faut-il faire tourner les sites de production ? La réponse varie d'un fabricant à l'autre, avec néanmoins une volonté commune de ne pas mettre en péril la santé des collaborateurs.

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Rares sont les industriels du Bâtiment à vouloir prendre la parole sur un sujet aussi délicat que le fonctionnement des usines qui impliquent le travail de leurs ouvriers.

 

C'est donc par les biais de leurs réseaux sociaux que ces derniers s'expriment. Maîtrise des discours oblige, mais aussi maîtrise du timing et de la réactivité en cas de changements d'orientations. L'heure est à l'ajustement. Beissier, spécialiste des enduits, que nous avions interrogé mardi 17 mars en début d'après-midi, nous indiquait que l'usine du groupe à La Chapelle La Reine (77) tournait encore, deux heures après, Alexa Leclerc, responsable marketing Beissier, nous confirmait "l'arrêt du site pour prendre soin de la santé des collaborateurs". "On s'adapte au jour le jour", nous confiait-elle. A situation inédite, l'heure est aux choix. Pas toujours simple de s'y retrouver, mais aussi de faire face à ses salariés et aux process et aux protocoles à mettre en place, même si l'industrie se prépare régulièrement à différents scénarios.

 

Le 17 mars, le groupe Saint-Gobain indiquait : "Dans nos différents pays d'implantation, des plans de continuité d'activité ont été préparés pour tous les sites critiques qui le nécessitent. Le travail à distance et des équipes de travail distinctes et sans contact les unes avec les autres ont été mis en place". Et le PDG de l'entreprise, Pierre-André Chalendar, de rassurer sur son LinkedIn : "Saint-Gobain a de grands projets pour l'avenir. La situation du Groupe est robuste".

 

 

De son côté, Mapei a annoncé et actualisé sur son compte LinkedIn le 20 mars prendre aussi des dispositions de sécurité : "Les enlèvements par nos clients sont autorisés en respectant des conditions strictes (commande le Jour J avant 12h pour enlèvement à J+1, créneau horaire à préciser et à respecter, respect des gestes barrières et des consignes de sécurité) de façon à limiter le temps d'attente", permettant ainsi à ses 3 sites français de fonctionner. De même, chez Wienerberger, expert de la terre cuite, "chaque site a pris des mesures radicales dans le but de protéger les salariés et les partenaires en renforçant drastiquement les mesures d'hygiènes. Les usines continuent à fabriquer et nous sommes en mesure d'assurer la livraison de nos produits jusqu'à nouvel ordre".

 

Des fermetures et des cellules opérationnelles

A contrario, d'autres sociétés ont arrêté leur production. C'est le cas de Louineau, spécialiste des équerres de fixation et habillage de menuiserie, qui a annoncé le 17 mars fermer l'entreprise pour une durée de 15 jours. Lippi, fabricant français de portails, clôtures, mobilier, a décidé de ne plus faire marcher son usine et son service logistique mercredi 18 mars, et les autres services le 20 mars : " La plupart de nos clients et fournisseurs ont dû fermer leur entreprise. Malgré notre forte mobilisation ces dernières semaines pour contribuer à limiter la propagation du virus et pour garantir la sécurité de nos équipes, tout en assurant la continuité de notre production, l'évolution de la situation ne nous permet plus de maintenir les usines en fonctionnement" explique Pierre-Yves Laurent, directeur de la marque Lippi.

 

Si chacun prend position à sa façon, et se donne la possibilité d'en changer rapidement, presque l'ensemble des entreprises ont su mettre en place des cellules opérationnelles via le télétravail. Téléphone, mail, visio, servent à assurer la continuité des dossiers.

 

Quid de l'industrie cimentière ?
Le Syndicat Français de l'Industrie Cimentière (SFIC) indique dans un communiqué que "sur les sites de production, les postes de travail le nécessitant et les espaces collectifs ont été adaptés pour que les mesures barrières soient strictement respectées, afin de préserver la santé des salariés, des clients, fournisseurs et sous-traitants". Il demande le maintien des chantiers : "Ce maintien de l'activité est d'autant plus indispensable compte tenu du rôle joué par les cimenteries dans la valorisation de certains déchets comme les sous-produits minéraux ou les déchets valorisables sous forme énergétique comme les farines animales", souligne-t-il.

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