CONCERTATION. Emmanuel Macron a reçu les organisations syndicales et patronales à l'Elysée ce mardi 17 juillet pour faire le point sur les réformes sociales à venir. Alain Griset, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), a participé à la rencontre et nous livre son ressenti. Et confirme au passage que le bâtiment conservera son taux réduit de TVA.

Le président de la République tente de redorer son blason auprès des partenaires sociaux. Après une première année de gouvernance durant laquelle les réformes, nombreuses et incisives, se sont enchaînées à un rythme effréné, Emmanuel Macron cherche à calmer le jeu. Les organisations syndicales et patronales, qui se sont déjà réunies entre elles le 11 juillet dernier, ont été conviées rue du Faubourg Saint-Honoré une semaine plus tard, le 17 juillet, pour faire le point sur le calendrier des réformes à venir. Et elles s'annoncent nombreuses : l'assurance-chômage, la santé au travail (dont la médecine du travail), mais aussi la dépendance, les retraites… Après avoir regretté d'être mis à l'écart lors des précédentes réformes, les partenaires sociaux semblent cette fois satisfaits du changement de ton et d'attitude du chef de l'Etat, certainement soucieux d'adoucir son image. Une source proche de l'Elysée confirme aux Echos que les corps intermédiaires auront dorénavant leur place "dans un cadre multilatéral adapté".

 

Préserver une marge de manœuvre

 

Parmi les organisations professionnelles présentes à cette réunion, l'Union des entreprises de proximité (U2P) a également fait entendre sa voix. Son président, Alain Griset, livre à Batiactu son ressenti de l'entrevue avec le locataire de l'Elysée : "Nous avons franchi une nouvelle étape. Le président de la République a reconnu qu'il avait certainement été trop vite sur les premières réformes sociales du quinquennat, et qu'il fallait désormais faire autrement, prendre le temps de discuter avec les partenaires sociaux. Nous en prenons acte". S'agissant de la réforme de l'assurance-chômage, l'exécutif a demandé aux partenaires sociaux de formuler des propositions sur sa gestion. La concertation devrait notamment déboucher sur une lettre de cadrage non-limitative, dans le sens où les négociations devraient bénéficier d'une place plus importante qu'auparavant. "Sur le fond comme sur la forme, la première année du quinquennat n'a pas été totalement satisfaisante", note Alain Griset. "Nous sommes d'accord pour travailler sur les réformes, mais nous voulons conserver une marge de manœuvre pour aborder certains sujets, établir des propositions, et au final mieux négocier des mesures qui impactent aussi bien les grandes que les petites entreprises."

 

Le taux de TVA restera inchangé dans le bâtiment

 

Par la voix de son président, l'U2P a mis à profit la réunion avec Emmanuel Macron pour rappeler qu'elle ne soutenait pas la mouture actuelle de la réforme de l'apprentissage. En outre, l'organisation a souligné que certaines mesures contenues dans la loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) devaient encore être améliorées, à l'instar de la suppression du seuil de 10 salariés. L'U2P a toutefois été rassurée sur le dossier de la TVA : "Le conseiller social du président nous a confirmé que le bâtiment conserverait son taux réduit", se félicite Alain Griset. Concernant la réforme du RSI, devenu SSI, les interrogations demeurent cependant : "L'outil informatique tiendra-t-il le coup ? Il faut également travailler sur la base des cotisations. D'une manière générale, le SSI doit être un outil de gestion qui accompagne les entreprises, pas qui les paralyse".

 



 


Réunions avec le gouvernement à compter de la rentrée

 

Et maintenant, quelle est la suite du programme ? A partir de septembre, le Premier ministre Edouard Philippe recevra les partenaires sociaux à Matignon, avant que ces derniers ne rencontrent les différents ministères concernés par les futures réformes. Emmanuel Macron fera de nouveau un point d'étape avec les syndicats et le patronat dans le courant du premier semestre 2019, mais entre-temps des réunions bilatérales auront lieu pour lancer les nombreux chantiers inscrits au programme. Les partenaires sociaux se réuniront également de leur côté pour arrêter leur méthode et leurs axes de travail.

 

"Nous sommes optimistes, tout en restant réalistes", souligne Alain Griset. "Patronat comme syndicats, nous sommes tous conscients que nous avons un rôle à jouer, une mission à remplir : celle d'accompagner les entreprises, et de proposer des mesures allant dans leur sens. Malgré tout, dans ces négociations, le but est de mettre sur la table des dispositifs adaptés aux petites comme aux grandes entreprises. Je ne veux plus de mesures uniquement dédiées aux plus grands groupes. Les spécificités des petites structures doivent être mises en valeur. C'est pourquoi les accords sur lesquels nous allons travailler devront être conformes aux intérêts des TPE-PME, et ne surtout pas leur nuire."

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