ENERGIES MARINES. L'américain General Electric devrait investir 270 M€ en France pour développer puis produire la plus puissante turbine éolienne marine du monde. Baptisée "Haliade-X", elle développera une puissance de 12 MW ! Les villes de Saint-Nazaire et Cherbourg bénéficieront de ces retombées, notamment pour les chantiers navals STX.

Jusqu'ici, l'éolienne la plus puissante du monde était danoise. Mais la Vestas V164, capable d'atteindre les 9 MW dans certaines versions, sera détrônée à l'avenir. Et peut-être par une machine franco-américaine. Car le conglomérat General Electric, qui a repris Alstom en 2015, lance le développement d'une super-Haliade, deux fois plus puissante que sa devancière. Le futur modèle "Haliade-X" visera en effet les 12 MW, un record !

 

Et bonne nouvelle, c'est bien le savoir-faire Alstom qui sera utilisé. Le groupe américain précise : "La technologie de cette nouvelle turbine, son élaboration et sa production seront assurées pour la plus grande partie en France". En tout, sur les 325 M€ prévus pour ce programme qui doit s'étaler sur 5 ans, environ 268 M€ seront alloués à des sites français. Environ 49 M€ iront à l'usine de Saint-Nazaire qui produit déjà des nacelles Haliade, afin de la moderniser et la préparer à sortir le nouveau modèle, tandis que 81 M€ seront dévolus à l'usine LM Wind Power (groupe GE) de Cherbourg, actuellement en construction. Cette unité, qui devrait être achevée au mois de juin, fabriquera des pales pour les éoliennes. Les deux sites emploieront conjointement environ 950 personnes. Des investissements supplémentaires liés à l'ingénierie, au développement, à la fabrication du prototype et à la chaîne d'approvisionnement seront également réalisés dans les 5 prochaines années en France. A l'horizon de 2019, le groupe américain estime que plus de 3.000 emplois indirects auront été créés grâce aux partenariats noués par sa branche éolienne offshore en France.

 

De bonnes nouvelles pour Saint-Nazaire et STX

 

La nouvelle Haliade-X sera une géante : elle atteindra les 260 mètres de hauteur (soit 50 de plus que la tour Montparnasse !), avec des pales de 107 mètres de long. La surface couverte par le disque du rotor s'étendra sur 38.000 m². Il est estimé que la turbine produira annuellement 67 GWh d'électricité soit de quoi alimenter 16.000 foyers environ. Selon Jérôme Pécresse, le p-dg de GE Renewable Energy, "L'Haliade-X 12 MW permettra une diminution des coûts de l'éolien en mer, positionnant nos clients pour gagner dans un environnement de plus en plus compétitif. C'est une très bonne nouvelle pour la filière française des énergies renouvelables". D'après l'industriel, le gigantisme apporte de nombreux avantages : la machine à entraînement direct serait moins sensible aux variations de vitesse du vent et permettraient de maintenir un facteur de charge plus élevé que ses concurrentes (63 % soit +5/7 % par rapport aux autres). L'Haliade-X devrait entrer en production à partir de 2021.

 

De son côté, EDF s'est dit prêt à lancer "cet été", la construction du premier parc éolien en mer de France, au large de Saint-Nazaire. L'énergéticien est entré en négociation exclusive avec General Electric et STX France pour construire les sous-stations électriques qui seront nécessaires pour ce parc et les deux autres qu'il a remporté en 2012 (Courseulles et Fécamp). Les travaux pourraient donc démarrer prochainement, avec trois ans de retard sur le calendrier initial. La ferme comptera 80 éoliennes Haliade-150 - de l'ancien modèle donc - d'une puissance unitaire de 6 MW. Implantées sur le banc de Guérande, elles seront situées entre 12 et 20 km des côtes. La mise en service partielle est prévue pour l'été 2021.

 

STX sous-station électrique
STX sous-station électrique © Grégoire Noble

 

Laurent Castaing, le directeur général de STX France, ajoute : "Nous sommes retenus comme la seule société pour discuter des sous-stations des champs français (d'EDF Energies Nouvelles). Ce n'est qu'une étape, ce n'est pas un contrat". L'entreprise a déjà construit plusieurs de ces énormes transformateurs offshore, pour l'instant destinés uniquement à l'export. Elle a d'ailleurs récemment livré deux stations en deux mois pour le parc éolien du cap Arkona, en mer Baltique (Allemagne) et pour le consortium belge Rentel en mer du Nord. Ces installations techniques se présentent comme les plus grosses jamais produites en courant alternatif. Le directeur général précise que leurs dimensions sont aussi exceptionnelles que celles des éoliennes : longues de 50 mètres, large de 35 m, elles pèsent 4.000 tonnes auxquelles il faut ajouter 1.500 tonnes de fondations. Le modèle produit pour E.On et Statoil permet le raccordement de 60 turbines pour une capacité totale de 385 MW. Ces deux livraisons concrétisent des contrats signés en 2015 et 2016, qui portaient sur la conception, la fabrication, la livraison et la maintenance des sous-stations électriques. STX France figure aujourd'hui parmi les trois premiers industriels du monde dans ce secteur très particulier. L'entreprise s'est dotée d'un pôle EMR en 2015, qui emploie 180 personnes, soit 7 % de ses effectifs.

 

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