Stéphane Becq, 57 ans, pratique un métier inhabituel. Il est «tavaillonneur» ! Cela ne vous dit rien ? Cest normal ! Ils ne sont plus quune petite dizaine à pratiquer encore cette profession en France. Il sagit dun métier très ancien qui consiste à fabriquer des tuiles
en bois ! Traditionnellement appelées tavaillons - doù le surnom de Stéphane - ou ancelles, elles sont utilisées, comme leurs cousines en terre cuite ou en ardoise, pour couvrir les toits des maisons de Haute-Savoie. «Il ny a pas si longtemps que ça, toutes les toitures étaient couvertes en tavaillons mais le bois a été remplacé, à la fin de la première guerre mondiale, par la tuile, la tôle ou l'ardoise» déplore Stéphane Becq.
Un savoir-faire transmis oralement
Après avoir pratiqué lart du tavaillons de manière occasionnelle pendant deux ans, Stéphane décide den fait sa principale occupation. «Comme les gens manifestent un vif intérêt pour les habitations écologiques, ils sintéressent de plus en plus aux toitures de ce type. La conséquence pour moi cest que je suis de plus en plus sollicité»explique-t-il. Un changement de vie qui nest pas pour lui déplaire : «Le bois est un matériau que je prends plaisir à travailler : il est léger, odorant bref, il mattire et ma toujours attiré». Seul petit problème rencontré lors de sa professionnalisation : il nexiste à ce jour aucune école pour apprendre à fabriquer des tavaillons ! Stéphane doit donc suivre une formation théorique. Au programme : le fonctionnement de la filière bois et la construction dune charpente. Il accompagne ensuite un artisan expérimenté sur le terrain. «Je lai regardé travailler et je me suis approprié ses gestes et ses techniques» se rappelle-t-il. Et dans ce métier, comme le précise Stéphane, «mieux vaut ne pas avoir peur de remonter ses manches !».
De la forêt au toit !
Tout commence en forêt avec le choix de larbre. Stéphane, tel un détective, scrute minutieusement les végétaux, épicéa ou mélèze essentiellement. Lapparence générale, la section, létat de lécorce sont autant dindices qui lui permettent de deviner le potentiel de larbre. Une fois larbre abattu, dautres vérifications simposent. «Le tavaillon ne pourra être plat que si le fil de larbre est droit» détaille le tavaillonneur. «Ce nest pas parce que nous travaillons sur des petits volumes que nous négligeons la qualité». Bien au contraire ! Sa recherche est une priorité pour Stéphane. Et pour lobtenir, cest bien simple : il ne coupe que des «bois hors-sève» qui sèchent bien et se travaillent mieux. Le tronc darbre élu est ensuite acheminé jusque dans son atelier situé à Mâcot La Plagne, à quelques kilomètres de Bourg-Saint-Maurice. Larbre est débarrassé de son écorce, coupé à la tronçonneuse en billons et fendu à nouveau en plusieurs petits morceaux. Deux possibilités : si la pente du toit est faible, ils se présenteront sous la forme dancelles, dune épaisseur de 60 à 80 cm, si la pente est plus importante, ce sera les fameux tavaillons il ne reste plus quà les installer sur le toit ! En principe, les tavaillons sont fabriqués en hiver et installés en été. Avec le temps, les tuiles vont prendre naturellement une coloration grisâtre. La maison se fondra ainsi complètement dans son environnement. Et surtout : pas de souci à se faire concernant lentretien, daprès Stéphane, les toitures en bois auraient une durée de vie de plusieurs centaines dannées !
En savoir plus : www.toiture-tavaillon.com
Cliquez ici pour découvrir le travail de Stéphane Becq en images.
Un savoir-faire transmis oralement
Après avoir pratiqué lart du tavaillons de manière occasionnelle pendant deux ans, Stéphane décide den fait sa principale occupation. «Comme les gens manifestent un vif intérêt pour les habitations écologiques, ils sintéressent de plus en plus aux toitures de ce type. La conséquence pour moi cest que je suis de plus en plus sollicité»explique-t-il. Un changement de vie qui nest pas pour lui déplaire : «Le bois est un matériau que je prends plaisir à travailler : il est léger, odorant bref, il mattire et ma toujours attiré». Seul petit problème rencontré lors de sa professionnalisation : il nexiste à ce jour aucune école pour apprendre à fabriquer des tavaillons ! Stéphane doit donc suivre une formation théorique. Au programme : le fonctionnement de la filière bois et la construction dune charpente. Il accompagne ensuite un artisan expérimenté sur le terrain. «Je lai regardé travailler et je me suis approprié ses gestes et ses techniques» se rappelle-t-il. Et dans ce métier, comme le précise Stéphane, «mieux vaut ne pas avoir peur de remonter ses manches !».
De la forêt au toit !
Tout commence en forêt avec le choix de larbre. Stéphane, tel un détective, scrute minutieusement les végétaux, épicéa ou mélèze essentiellement. Lapparence générale, la section, létat de lécorce sont autant dindices qui lui permettent de deviner le potentiel de larbre. Une fois larbre abattu, dautres vérifications simposent. «Le tavaillon ne pourra être plat que si le fil de larbre est droit» détaille le tavaillonneur. «Ce nest pas parce que nous travaillons sur des petits volumes que nous négligeons la qualité». Bien au contraire ! Sa recherche est une priorité pour Stéphane. Et pour lobtenir, cest bien simple : il ne coupe que des «bois hors-sève» qui sèchent bien et se travaillent mieux. Le tronc darbre élu est ensuite acheminé jusque dans son atelier situé à Mâcot La Plagne, à quelques kilomètres de Bourg-Saint-Maurice. Larbre est débarrassé de son écorce, coupé à la tronçonneuse en billons et fendu à nouveau en plusieurs petits morceaux. Deux possibilités : si la pente du toit est faible, ils se présenteront sous la forme dancelles, dune épaisseur de 60 à 80 cm, si la pente est plus importante, ce sera les fameux tavaillons il ne reste plus quà les installer sur le toit ! En principe, les tavaillons sont fabriqués en hiver et installés en été. Avec le temps, les tuiles vont prendre naturellement une coloration grisâtre. La maison se fondra ainsi complètement dans son environnement. Et surtout : pas de souci à se faire concernant lentretien, daprès Stéphane, les toitures en bois auraient une durée de vie de plusieurs centaines dannées !
En savoir plus : www.toiture-tavaillon.com
Cliquez ici pour découvrir le travail de Stéphane Becq en images.
Céline Chahi
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