MOBILITÉ. Les professionnels vont bénéficier de nouvelles places de stationnement à Paris, tout comme de la gratuité de la carte pro-mobile, au moins jusqu'en octobre prochain. La ville de Paris multiplie les annonces, dans le cadre de sa politique écologique et de la lutte contre le réchauffement climatique.

C'est une bonne nouvelle pour les artisans et autres professionnels du BTP. La ville de Paris va ajouter plus de 1.000 nouvelles places de stationnement réservées aux artisans et commerçants dans la capitale, pour leur permettre de continuer leur activité économique, a annoncé la ville de Paris, lors d'une conférence de presse sur les états généraux du stationnement, à laquelle Batiactu a pu assister ce mardi 15 juin.

 

"Les avantages tarifaires pour les professionnels vont être étendus à ceux qui sont domiciliés au sein de la grande couronne et qui en font la demande", a promis David Belliard, adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l'espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie. La carte pro-mobile, qui donne accès aux avantages tarifaires évoqués par le porte-parole de l'hôtel de ville, coûte 240 euros par an, avec un tarif à 0,5 euro de l'heure.

 

"Elle a été gratuite pendant la crise. Cette gratuité sera prolongée jusqu'en octobre pour atténuer l'impact financier du Covid-19", a-t-il précisé. "Nous voulons proposer des tarifs compétitifs et permettre une zone de bassin homogène économiquement parlant, tout en facilitant la vie des acteurs économiques de la grande couronne."

 

Comment répondre aux zones à faibles émissions ?

 

L'adjoint a ajouté que les véhicules décarbonés continueront de bénéficier de la gratuité. Interrogé par Batiactu sur la question de la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE), David Belliard a répondu rencontrer les différents représentants des filières. "Lorsque nous identifions le fait qu'il n'y a pas de véhicules qui soient électriques et équivalents à celui qui est proposé, soit parce qu'il n'existe pas, soit parce que les charges et autonomie sont trop faibles, soit aussi parce que les coûts sont trop élevés, notamment sur [le portefeuille, ndlr] des TPE-PME, nous leur proposons des extensions [de liberté de circuler dans la zone concernée, ndlr] pour leur permettre de continuer de travailler."

 

L'adjoint prend l'exemple des bétonnières, qui n'ont pas encore d'offres industrielles qui leur permettent de s'adapter aux objectifs de ZFE de la capitale. Les zones à faibles émissions inquiètent de plus en plus les professionnels du bâtiment, alors que la seconde phase du projet est entrée en vigueur le 1er juin dans la métropole du Grand Paris. Les véhicules à moteur diesel de type Crit'air 4 ont l'interdiction de circuler sur l'ensemble du périmètre délimité par l'autoroute A86 (A86 exclue). 12% des artisans franciliens seraient concernés par cette mesure, dont certains utilisateurs de poids lourds, selon la chambre de métiers et de l'artisanat d'Île-de-France.

 

"C'est la responsabilité du gouvernement"

 

En face, l'offre de solutions de mobilité propre "n'est pas en adéquation avec les besoins des entreprises de la filière", a récemment pointé l'antenne Grand Paris Île-de-France de la Fédération française du bâtiment. L'adjoint reconnaît être régulièrement en lien avec les représentants des filières pour "trouver des solutions quand il n'y a pas d'offres industrielles". Il est pourtant d'avis de dire que "c'est la responsabilité du gouvernement d'appuyer pour que les industriels proposent des offres à la fois acceptables et économiquement abordables."

 

Les états généraux du stationnement, organisés entre l'automne 2020 et le début de l'année 2021, ont permis la tenue d'une conférence citoyenne. La municipalité a reçu 16.500 contributions pour discuter de la modification du paysage de la capitale. Au total, sur les 130.000 places de stationnement que possède la ville de Paris aujourd'hui, la moitié sera libérée pour des projets dits "d'embellissement de quartiers" et de "renaturation de la ville". C'est l'équivalent de 60 hectares. "Il y a la volonté d'avoir plus de nature, d'arbres et d'espaces verts", a affirmé David Belliard. Cela passera par l'élargissement de trottoirs, la création de nouvelles pistes cyclables, de terrasses et d'espaces végétalisées, ainsi que l'ajout de mobilier urbain.

 

L'autopartage promu

 

Les priorités de la municipalité restent de combattre le dérèglement climatique, qui cause chaque année des périodes de plus en plus longues de canicule, de réduire les nuisances sonores mais aussi de s'occuper de la santé publique. Entre 6.000 et 10.000 décès prématurés sont liés à la pollution de l'air dans la métropole du Grand Paris, a voulu rappeler le proche d'Anne Hidalgo.

 

Outre la création de 1.000 places de stationnement réservées aux artisans, aux commerçants et à la logistique "du dernier kilomètre", 1.000 autres places seront ajoutées pour les personnes à mobilité réduite. Les places existantes ne seront pas supprimées mais pourront être déplacées, "de quelques mètres seulement", a-t-il précisé. La ville veut également favoriser la mobilité vertueuse, en soutenant l'usage partagé des véhicules, avec 1.000 nouvelles places pour le dispositif d'autopartage en boucle Mobilib', et 400 nouvelles places d'autopartage en free-floating.

 

1.000 places de vélo-cargo pour la logistique urbaine

 

100 autres places seront aménagées pour les taxis, dans les endroits où la demande est forte. Les trottinettes bénéficieront, elles, de 2.000 places d'ici ces prochaines années. Le stationnement deviendra payant pour les deux-roues motorisés, sauf pour les scooters électriques.

 

Concernant la logistique urbaine, la ville déploiera 1.000 places de vélo cargo. Enfin, 2.400 bornes de recharge électrique vont être installées sur la voirie d'ici la fin de l'année, ainsi que 6.000 points de recharge dans les parkings souterrains. "D'ici 2024, au moins 8.400 points de recharge électrique seront présents, ils sont très demandés par les professionnels", a détaillé David Belliard.

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