PAROLES D'ARCHITECTES. En Corse, les architectes doivent jongler entre matériaux coûteux, manque de main d'œuvre et incertitudes réglementaires. Sylvia Ghipponi, présidente du Conseil régional de l'Ordre des architectes, décrypte les défis d'une profession en quête d'équilibre.


Faibles revenus, délais d'instruction à rallonge, matériaux trop chers… Le quotidien des agences d'architecture corses est parfois délicat. Entre potentiel et obstacles, la profession évolue dans un environnement paradoxal.

 

L'île méditerranéenne dispose d'un patrimoine exceptionnel et d'un fort besoin en rénovation, mais souffre de lourdes contraintes économiques et réglementaires. Sylvia Ghipponi, présidente du Conseil régional de l'Ordre des architectes (Croa) de Corse, qui représente les 305 professionnels inscrits au tableau, explique ces enjeux dans un entretien pour Batiactu.

La Corse compte la plus forte densité d'architectes de France, après Paris (selon des données de l'étude Archigraphie 2024). Qu'est-ce que cela signifie pour la profession ?

Sylvia Ghipponi : Nous avons noté que le revenu moyen annuel avait fortement diminué ces dernières années en Corse, passant d'environ 55.000 euros, à 43.959 euros. Cette baisse de 10.000 euros, soit un cinquième des revenus, est très importante. Sur l'île, la quantité de travail n'est pas la même pour tout le monde. Certaines agences s'en sortent très bien et tirent leur épingle du jeu quand d'autres sont en souffrance. La Corse compte un grand nombre de petites structures, et peu d'entre elles emploient.

 

Pour remédier aux difficultés que rencontrent les cabinets, nous invitons nos confrères et consœurs à se diversifier, en faisant de la programmation, de l'assistance à maîtrise d'ouvrage, du conseil, du suivi de chantier, ou encore de l'enseignement, de la formation, de la recherche, de l'urbanisme ou du paysagisme. Il existe de multiples façons d'exercer notre métier. L'Ordre propose une formation pour s'ouvrir à d'autres activités.

Le revenu moyen annuel est parmi les plus bas de France au sein de la profession. Pourtant, le montant moyen des travaux se situe, lui, dans la moyenne haute (entre 250.000 et 300.000 euros par projet). La densité dont vous parliez explique-t-elle ce phénomène ?

Je le crois. Tout le monde ne travaille pas comme il aimerait. L'autre difficulté, c'est le coût de construction, plus élevé que sur le continent. Cela peut justifier un coût moyen des travaux dans la moyenne haute. Il y a peu d'industrialisation en Corse, nous devons
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