CONVENTION CITOYENNE. Interrogée par Radio Classique, la ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, a jugé que "l'accélération des rénovations énergétiques" devait se faire en actionnant deux leviers : les rénovations globales d'une part, et les copropriétés, d'autre part. La question des obligations, prônées par la convention pour le climat, devra faire l'objet d'"un accompagnement plus fort".

"Il faut accélérer sur la rénovation, investir plus, et simplifier les procédures, notamment pour les copropriétés", a affirmé la nouvelle ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, le 10 juillet sur Radio Classique. "La convention citoyenne pour le climat nous l'a demandé". Interrogée sur le volet coercitif des propositions de la convention, elle a répondu qu'"à un moment, la question des obligations se posera, mais avec un accompagnement plus fort".

 

Pour rappel, la convention citoyenne pour le climat a rendu, le 20 juin, ses propositions, qui concernent notamment la rénovation énergétique des logements. Celles-ci affichent une radicalité sans équivalent puisqu'il s'agirait d'obligations de travaux dès 2030 pour les "passoires thermiques" (classes F et G de l'actuel DPE) et même, à partir de 2024, l'obligation de passer les maisons individuelles en classe B lors d'une mutation.

 

Deux projets de lois distincts en préparation

 

La ministre a indiqué que les mesures concernant la rénovation des bâtiments feraient partie du texte général "dédié aux propositions de la convention", tandis que les mesures financières seraient inclues dans le plan de relance. Ces mesures concerneront "les constructions nouvelles et la rénovation", a affirmé la ministre. "Le secteur nous le demande". Pour Emmanuelle Wargon, ce sont les rénovations globales qui doivent être accélérées, et donc "mieux financées".

 

Pour éviter l'artificialisation des sols, autre pan de propositions de la convention citoyenne, la ministre a dit partager l'objectif de "ne plus détruire la nature" : "à chaque fois qu'on artificialise des espaces naturels, il y a des effets secondaires pour les humains". La solution, pour continuer de construire des logements : "construire là où c'est déjà bétonné : sur des friches, ou en densifiant un peu. Il faut inventer de l'intermédiaire entre le pavillonnaire très étalé et les centres-villes, plus denses".

 

Pas d'expulsions locatives sans solution

 

Alors que la prolongation de la trêve hivernale touche à sa fin, la ministre a rappelé qu'il n'y aurait "pas d'expulsion locative avec recours à la force s'il n'y a pas de proposition de solution, relogement ou hébergement". "J'ai demandé aux préfets d'appliquer l'instruction" ministérielle, a-t-elle précisé.

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