TRANSITION ÉCOLOGIQUE. Dans une synthèse consacrée à l'urgence climatique et à ses enjeux dans le bâtiment et au niveau des territoires, une quinzaine de personnalités du secteur de la construction appellent à mettre les bouchées doubles pour réussir la transition écologique de la filière. Au-delà de la simple piqûre de rappel sur un sujet déjà largement connu des professionnels, la tribune cherche à interpeller les politiques à un an de l'élection présidentielle, ainsi que les industriels susceptibles d'impulser un nouvel élan dans la course aux innovations.


Dresser un état des lieux et des solutions pour une transition écologique réussie du secteur de la construction : l'exercice est loin d'être nouveau, mais la synthèse qui vient d'être publiée sur le sujet par l'opérateur Certivéa (filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment et commercialisateur de l'offre HQE en France) en remet une couche. Le document a été signé par une quinzaine de personnalités du bâtiment et de l'immobilier aux profils variés : de la députée LREM et co-animatrice du Plan de rénovation énergétique des bâtiments, Marjolaine Meynier-Millefert, à la présidente du Haut conseil pour le climat Corinne Le Quéré et au président de l'Ademe (Agence de la transition écologique) Arnaud Leroy, en passant par l'architecte Denis Valode et le directeur du développement durable de Bouygues, Fabrice Bonnifet, les auteurs cherchent à attirer encore une fois l'attention des décideurs publics comme privés sur la nécessité d'étendre les bonnes pratiques dans le bâtiment.

 

Émissions de gaz à effet de serre, consommation énergétique, gestion des déchets, problèmes de gouvernance entre collectivités territoriales sur tous ces sujets, impact carbone, confort d'été, réversibilité et recyclage, besoin d'innovations qui implique un accompagnement méthodologique et financier… Si le propos de la synthèse n'a rien de révolutionnaire en soi, cette nouvelle piqûre de rappel, administrée à un an de l'élection présidentielle de 2022 et alors que la loi Climat et résilience - qui reprend les propositions de la Convention citoyenne pour le climat - est en ce moment examinée à l'Assemblée nationale, veut malgré tout faire passer un message très simple : si le bâtiment fait certes des efforts pour opérer sa transition écologique, ceux-ci sont encore trop faibles et trop lents. D'où l'urgence à agir. Explications avec le président de Certivéa, Patrick Nossent.

 


Batiactu : Qu'est-ce qui vous a motivé à initier cette démarche auprès de ces personnalités du bâtiment et de l'immobilier ?

 

Patrick Nossent : Cette initiative de Certivéa s'inscrit dans notre vocation d'accompagner les professionnels de ces filières dans les transitions sociétales, environnementales et numériques. Notre constat est simple : dans le bâtiment, nous allons sans doute dans la bonne direction mais nous n'allons pas assez vite. L'objectif de cette synthèse est donc de faire partager cette prise de conscience aux différents acteurs de l'immobilier et de l'aménagement, et rien de mieux pour cela que de faire parler ces acteurs eux-mêmes. Ils sont engagés, ont réalisé l'urgence à agir, et acceptent de partager leurs solutions ainsi que les bénéfices de ces solutions. De cette manière, on espère susciter une envie générale de passer à l'action. Dans leur diversité, les acteurs que nous avons sollicités partagent vraiment le même constat sur le poids du bâtiment dans le changement climatique, et les moyens possibles pour éviter que la situation ne s'envenime.
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