TRANSITION. Les Français réaffirment, selon Qualit'EnR et OpinionWay, leur désir de privilégier les énergies renouvelables, y compris à leur propre échelle. Ils soutiennent largement leur développement et se disent prêts à en adopter pour leur foyer… s'ils en ont les moyens.

La transition écologique sera l'un des grands thèmes du Grand débat national. Les Français s'interrogent donc sur les soutiens à apporter aux différentes filières énergétiques, afin de lutter à la fois contre le dérèglement climatique mais également contre la perte de pouvoir d'achat. L'association Qualit'EnR a rendu public la 9e édition du baromètre annuel consacré à cette question de l'intérêt des citoyens pour les renouvelables. Et les résultats sont clairs : une immense majorité de Français souhaitent que leur développement soit encouragé, qu'il s'agisse de solaire thermique (89 %), de pompes à chaleur (84 %), de photovoltaïque (81 %), d'éolien (77 %) ou de bois énergie (70 %). Des chiffres qui devancent ceux du gaz naturel (61 %), le nucléaire (46 %) ou les énergies carbonées (20 %). La méthode extractive, qui consiste à ponctionner le sous-sol de ses ressources en minerais ou hydrocarbures, semble donc désormais inadéquate pour la majeure partie des personnes interrogées.

 

Les aides de mieux en mieux connues

 

Les répondants accordent une grande confiance aux solutions proposées pour le résidentiel, dont les pompes à chaleur (82 %), les chauffe-eau solaires ou thermodynamiques (81 %), les panneaux photovoltaïques (75 %) et les solutions de chauffage au bois (75 %). Qualit'EnR note : "La PAC et le solaire suscitent le plus de confiance et le photovoltaïque parvient à regagner la confiance des Français avec +13 points en 4 ans". Les Français estiment ensuite que les renouvelables présentent des avantages, dont l'indépendance énergétique (87 %) à égalité avec un meilleur confort domestique. "La capacité des EnR à générer des économies apparaît toujours légèrement en retrait face aux autres atouts, mais elle progresse en 2019 de +4 points". Les sondés estiment bien connaître les aides pour passer aux renouvelables comme l'éco-PTZ (66 %), le chèque énergie (55 %) et le Crédit d'impôt transition énergétique (51 %). Le déficit d'information semble donc se combler par rapport à l'an passé : "Seulement 17 % des personnes dont le foyer dispose d'un revenu mensuel net inférieur à 1.000 € ne connaissent aucune des aides", analyse l'association. Sur le dispositif "Coup de pouce" chauffage renforcé, ils sont 40 % à le connaître, tandis que plus de la moitié des personnes équipées de systèmes au fioul ou au gaz d'ancienne génération se déclarent convaincus par le dispositif.

 

Le rôle de l'Etat semble primordial pour agir en faveur de la transition écologique puisque 31 % des répondants le citent en tête, devant les villes et collectivités locales (23 %). Les actions individuelles n'arrivent qu'ensuite (17 %), tout comme le rôle du privé et de la sphère associative. Quant aux bonnes résolutions pour cette nouvelle année, les Français annoncent qu'ils sont prêts à réduire leur consommation de biens (73 %), ou leur consommation d'énergie (59 %), ainsi que leurs trajets (56 %). Plus de la moitié des sondés préfèrent agit au niveau de leur logement plutôt que de leurs déplacements. Une personne sur trois se dit donc prête à passer au chauffage renouvelable ou à rénover énergétiquement son logement. Une très large majorité souhaiterait même consommer sa propre électricité (88 %) plutôt que de la céder s'ils en avaient la possibilité. L'autoconsommation collective apparaît comme une solution solidaire, notamment à destination des plus précaires.

 

L'appel à un ami, le premier joker

 

Du côté de la confiance envers les professionnels des énergies renouvelables, elle atteint un record historique (71 %). Qualit'EnR souligne : "Cet indice a grimpé de 19 points depuis la première vague de sondage en 2011". Les propriétaires, plus enclins à lancer des travaux dans leur logement, sont même encore au-dessus de ce seuil (75 %). La première attente reste, logiquement, la qualité de l'installation (65 %), devant la maintenance et le service après-vente (62 %). La garantie de résultats est moins demandée (47 %), tandis que l'audit énergétique n'intéresse que peu de monde (23 %). La capacité des professionnels à assurer un accompagnement administratif des dossiers est encore minoritaire (20 %) mais elle progresse rapidement. Les Français continuent à accorder de l'importance aux labels de certification (79 %) mais pour la première fois, ce gage de confiance est devancé par le bouche à oreille entre proches (81 %). Les références d'installations (70 %) et la proximité géographique (68 %) sont d'autres critères importants au moment du choix d'une entreprise. En revanche, la présence sur Internet ou l'abondance d'avis positifs ne sont pas encore suffisants pour donner confiance (42-44 %).

 

Sur les équipements qu'ils possèdent, les interrogés démontrent que les systèmes de chauffage traditionnels (électricité ou chaudières gaz et fioul) restent dominants dans le parc. Toutefois, 41 % des Français disent être équipés d'au-moins un équipement EnR, dont un insert bois (15 %), un poêle à bois (13 %), une PAC (11 %) ou des panneaux solaires (7 %).

 

La France a encore des progrès à faire pour rejoindre la tête du peloton européen :
La part des énergies renouvelables est en constante hausse dans les pays de l'Union européenne, pour atteindre 17,5 % en moyenne (+0,5 point) dans la consommation finale brute d'énergie. La France se situait en 2017, un peu en dessous de cette proportion à 16,3 %. Mais si les pays de la communauté visent un objectif raisonnable de 20 % à atteindre en 2020, l'Hexagone est pour sa part plus ambitieux, puisque sa propre cible est à 23 %. De ce fait, la France est un des pays qui a… le plus d'efforts à fournir pour respecter ses engagements avec les Pays-Bas (qui ont 7,4 points à rattraper d'ici la fin de la décennie). A l'autre extrémité du classement, la très vertueuse Suède constitue l'exemple même d'une transition réussie, puisque le pays a d'ores et déjà dépassé son objectif de 2020 et qu'il parvient à couvrir près de 55 % de ses consommations énergétiques par des sources renouvelables ! La Finlande (41 %), le Danemark (36 %), l'Autriche (33 %) et le Portugal (28 %) sont d'autres bons élèves.

actionclactionfp