RÉGLEMENTATION. Prendre le temps de discuter et de laisser les différentes filières de matériaux se structurer pour répondre aux enjeux de la nouvelle Réglementation environnementale 2020 : le message du président de l'Association française des industries des produits de construction (AIMCC), Hervé de Maistre, se veut avant tout pragmatique. Mais si l'ambition du texte est saluée par les industriels, certains aspects techniques, comme le principe de l'Analyse du cycle de vie dynamique, suscitent des interrogations. Entretien.


Nombreuses ont été les réactions des acteurs du bâtiment et de l'énergie depuis la présentation par le Gouvernement des derniers arbitrages de la future Réglementation environnementale 2020. Si d'aucuns ont vu se dessiner, peut-être de façon caricaturale, une opposition entre le bois et les biosourcés d'une part, et les matériaux plus "conventionnels" (béton, acier...) d'autre part, ainsi qu'entre l'électricité d'un côté, et le gaz de l'autre, la réalité économique et industrielle des différentes filières apparaît, comme souvent, plus complexe qu'elle n'en a l'air. À la tête de l'Association française des industries des produits de construction (AIMCC) et du Comité stratégique de filière (CSF) Industries pour la construction, Hervé de Maistre détaille à Batiactu l'analyse portée par les industriels sur la mouture actuelle de la RE2020. Saluant son ambition de réduction de l'impact environnemental du bâti, ils sont toutefois plus dubitatifs sur certains aspects techniques, comme le principe de l'Analyse du cycle de vie (ACV) dynamique. Et appellent surtout à ne pas opposer les filières ni les matériaux, mais au contraire à chercher un juste milieu dans la mixité des solutions.

 


Batiactu : Quelle est la réaction de l'AIMCC et du CSF Industries pour la construction aux derniers arbitrages sur la RE2020 ?
Hervé de Maistre :
La RE2020 s'inscrit dans le cadre d'une ambition environnementale forte pour le Bâtiment en France, et les filières industrielles sont totalement engagées sur tous ces aspects de réduction de l'impact carbone, d'économie circulaire, de performance énergétique… Nous partageons pleinement cet objectif et la majeure partie des actions engagées par les industriels de la construction au travers du Contrat stratégique de filière vont dans ce sens. Plus particulièrement, la RE2020, qui s'inscrit dans la lignée des RT2005 et RT2012 doit être intransigeante sur le niveau d'ambition en termes d'efficacité énergétique, car même si la rénovation thermique du parc installé est un pilier essentiel, le neuf est également très important puisque les bâtiments qui seront construits entre 2020 et 2050 contribueront assez largement à l'impact environnemental du secteur. Il ne faut donc pas baisser la garde et au contraire même, la renforcer.

 


Dans le détail, quels sont les points du texte que vous accueillez favorablement ?
H. de M. :
Nous trouvons très positif que la RE2020 s'intéresse à l'impact environnemental du Bâtiment sur tout son cycle de vie, qu'elle prenne en compte cet indicateur dès sa construction, pendant son exploitation et la phase de déconstruction, avec la fin de vie des matériaux et des équipements qui seront mis en œuvre. Il est aussi très important pour nous que cette exigence s'applique sur le bâti et sur les équipements, ce qui rejoint notre conviction en la matière. Ceci dit, la vocation de la RE2020 est de fixer des objectifs de résultats qui soient là encore ambitieux, et pas forcément de déterminer des moyens. Cela en donnant des méthodes de calcul aux maîtres d'ouvrages et architectes au moyen de simulations, pour leur permettre de choisir, en fonction du besoin particulier de l'ouvrage qu'ils ont à bâtir, de meilleures solutions pour atteindre les objectifs qui ont été fixés.
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