INNOVATION. Ce sont dans les domaines des logiciels de coordination de chantier, des logiciels de gestion des foncières et des courtiers en financement immobilier que les start-up de la construction et de l'immobilier pourrait se faire une place de choix, à terme, selon une étude publiée ce mardi 17 septembre par Real Estech et PwC.

L'essor des "proptech" est incontestable. Quasiment inexistantes en France il y a encore cinq ans, ces start-up, qui aspirent à révolutionner certains pans de la construction et de l'immobilier, étaient déjà au nombre de 400 en 2018, selon une étude publiée ce mardi 17 septembre par l'association Real Estech et Strategy&, filiale du cabinet de conseil PwC. Autre preuve de l'ébullition de ce marché, les proptech françaises ont levé un total de 375 millions d'euros sur le seul premier semestre 2019, soit davantage que les 204 millions récoltés sur l'ensemble de l'année 2018.

 

Comme les fintech l'ont fait dans la finance avec trois ou quatre ans d'avance, les proptech se positionnent sur des failles des marchés de la construction et de l'immobilier, non comblées par les acteurs historiques de ces secteurs. Lesquels pèchent notamment par manque de productivité. En témoigne le recul de leurs marges nettes, ramenée de 3,1% en 2008 dans le gros œuvre à 1,6% en 2016, soit une baisse de 1,5 point. Dans le même intervalle, la rentabilité nette s'est repliée de 0,7 point dans le second œuvre, à 1,9%, et de 0,2 point dans les travaux publics, à 2,3%. Avec pour corollaire des problèmes de satisfaction de la clientèle. Près de la moitié des Français interrogés se déclarent ainsi insatisfaits de leur syndic de propriété, d'après l'étude. Qui épingle aussi la promotion, avec un tiers des livraisons qui subissent des retards, et la construction, où le nombre de travaux subissant plus de deux litiges a bondi de 112% entre 2015 et 2017.

 

Feu de paille ou tendance de fond?

 

Mais cet engouement pour les proptech soulève la question de leur pérennité. S'agit-il d'un feu de paille ou d'une tendance de fond ? "Il n'existe pas un, mais des mouvements proptech", nuance Mathilde Hauswirth, partner chez PwC. Comprendre, l'avenir des proptech face aux acteurs traditionnels de la construction et de l'immobilier ne sera pas le même suivant le métier considéré. "Alors qu'il existe une forme de concurrence entre les agences (immobilières) traditionnelles et les start-up, les activités (des jeunes pousses) sont plutôt complémentaires de celles des acteurs historiques dans l'asset management", précise Vincent Pavanello, cofondateur de Real Estech. L'association et PwC ont étudié six sous-secteurs d'activité, à savoir les logiciels de coordination de chantier, les logiciels de gestion des foncières, les courtiers en financement immobilier, les agents immobiliers, la gestion locative et les financements de garantie et de caution. Une liste non exhaustive, susceptible de s'allonger à la faveur d'une prochaine enquête.

 

C'est au sein des trois premiers métiers que les start-up pourraient à terme occuper une place de choix, au côté des acteurs historiques. Des start-up comme Revolving et Finalcad ont développé des solutions de coordination sur site, qui rencontrent une utilisation croissante en amont de la construction, avec pour objectif le zéro réserve à la livraison des ouvrages. "Le manque de logiciels métier adaptés a longtemps été un obstacle à l'efficacité sur le chantier", souligne l'étude. Dans le courtage, les nouveaux entrants pourraient représenter jusqu'à 10% du marché, à moyen terme, estiment Real Estech et PwC. Une prédiction qui se fonde notamment sur le fait que les "millenials" semblent moins fidèles à leur banque que leurs aînés et plus enclins à se tourner vers des courtiers en ligne. Les "limites" des logiciels de gestion des agences immobilières évoquées par l'étude plaident également en faveur de nouvelles solutions conçues par Myre, Bazimo et autre Deepki et IQSpot. Mais plutôt, là, de façon complémentaire aux logiciels développés par les poids lourds traditionnels du secteur, comme Sopra Steria.

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