GRAND PARIS. Le chantier de prolongement du RER E vers l'ouest, dont les travaux sont en cours au cœur de Paris, pourrait coûter entre 30 et 50% de plus que son budget initial. Les pouvoirs publics locaux s'étranglent, tandis que SNCF Réseau, maître d'ouvrage, tente d'expliquer les raisons externes et techniques engendrant la hausse significative du coût du projet.


C'est un faux suspense auquel il a été mis fin dès le début de l'année 2021 : oui, le projet Eole allait coûter plus cher que les 3,8 milliards d'euros initialement évoqués. Pas tellement surprenant pour un aussi grand projet qui s'étale sur une décennie. Ce qui l'est plus, c'est le montant qu'il représente : on en serait à 1,7 milliard d'euros supplémentaires, soit presque 50% de plus. Loin des 640 millions en plus évoqués en janvier 2021 !

 

Rencontrées en septembre 2021 sur le chantier de la Porte Maillot, les équipes de SNCF Réseau en charge du projet expliquaient à Batiactu que des discussions étaient en effet en cours avec les financeurs du projet, pour accorder une rallonge budgétaire. Mais le maître d'ouvrage ne préférait s'avancer sur aucun montant, le dialogue pour parvenir à "stabiliser le budget" n'étant pas terminé.

 

Inacceptable pour les pouvoirs publics locaux

 

Quelques semaines plus tard, les pouvoirs publics locaux se sont donc émus d'une somme bien supérieure à ce qui était attendu. Dans un communiqué commun, la région Ile-de-France, les départements des Hauts-de-Seine et des Yvelines dénoncent un "nouveau dérapage financier d'une ampleur inédite", "d'autant plus inacceptable que SNCF Réseau (…) n'apporte aucune explication sur ces nouveaux surcoûts et que sa responsabilité première venait d'être établie".

 

 

 

"SNCF Réseau fait ce qu'il veut et méprise ses financeurs, s'est offusquée Valérie Pécresse, présidente d'Ile-de-France Mobilités, de la région Ile-de-France et candidate à l'investiture de la droite pour la présidentielle de 2022, dans une interview au Parisien. Nous sommes en proie à un chantage permanent de sa part, d'interruptions de travaux si nous n'avançons pas la trésorerie. C'est inacceptable. Cette fois, nous ne pouvons plus payer !"

 

Prise en compte de la crise sanitaire

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