PROJETS URBAINS. Le projet de transformation de l'échangeur routier de la porte de Montreuil en "place métropolitaine" végétalisée, adossée au projet immobilier de Nexity, lauréat du concours Reinventing Cities, est prêt à être mis en œuvre. Il s'étalera jusqu'en 2027.

Un projet pour en finir avec cette porte de Montreuil "glauque, moche, qui fait peur", ce "no man's land". C'est le maire de Montreuil, Patrick Bessac (PCF), qui le dit. S'il n'est pas financeur de ce projet de transformation de la porte de Montreuil, au niveau de l'échangeur du périphérique, en "véritable place métropolitaine" à l'interface des deux villes mais située sur le territoire parisien, il salue, le 4 novembre, "le travail de coopération" mené avec la Ville de Paris, sur l'un des endroits de la capitale les plus vastes livrés à la voiture, avec la porte de Bagnolet, toute proche.

 

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de la capitale, chargé de l'urbanisme, a fait, avec le maire de Montreuil et celui de Bagnolet, Tony di Martino, le déplacement, pour présenter les grands principes d'un projet lancé dans le cadre de Reinventing Cities, une initiative du C40 (des villes engagées pour le climat), et dont le groupement mené par Nexity était sorti lauréat, à l'automne 2019, avec un projet "très ambitieux en matière environnementale", rappelle l'édile parisien.

 

Créer une centralité métropolitaine, largement plantée et piétonne

 

Le premier adjoint s'est gardé de présenter le projet immobilier (52.000 m²) dans le détail, laissant au groupement lauréat (Nexity, Aire Nouvelle, filiale immobilière d'Engie, et Crédit Agricole Immobilier) le soin de le faire, ce qui ne saurait tarder. Il a néanmoins pu exposer le projet d'espaces publics, dont la Ville sera maître d'ouvrage, et dont la conception est désormais finalisée. Sur ce qui est aujourd'hui un immense rond-point routier, une place de 3,5 hectares va voir le jour d'ici quelques années, en grande partie végétalisée (+40% d'espaces verts), et largement réservée aux piétons et aux modes doux.

 

La nouvelle place, dont la conception a été confiée à l'agence TVK (en charge de la préfiguration dès 2015), crée une "place trait d'union" au-dessus du périphérique, un parc planté, et un espace capable d'accueillir des événements. La circulation automobile est reportée aux extrémités de la place dans une rue en anneau. Les travaux vont pouvoir commencer en 2023, "après quelques opérations tiroirs déjà enclenchées".

 

Le tout représente, pour la Ville de Paris, un investissement de près de 100 millions d'euros, dont 69 pour la place, et 26 millions d'euros pour le rachat au promoteur d'un lot consacré aux puces de Montreuil. "C'est l'équivalent de ce que nous mettons dans le projet Trocadéro-Eiffel", s'est plu à rappeler Emmanuel Grégoire, qui avait participé, la veille, à une réunion publique, dans le 16e arrondissement, sur cet autre grand projet de la mandature, en cours de concertation.

 

Six ensembles immobiliers, dont un bâtiment-pont

 

Le projet Reinventing Cities, désormais plus précis, après "plusieurs années de travail avec les lauréats", explique encore l'élu, comprend six ensembles immobiliers, positionnés sur la place côté Montreuil, le long du périphérique, et en franchissement de celui-ci. La programmation comprend quelques logements, des commerces en rez-de-chaussée, un hôtel (dans l'immeuble-pont) des bureaux, des espaces associatifs aujourd'hui déjà très présents, des services, une halle alimentaire ("food court") rattachée à une ferme urbaine, et les fameuses puces de Montreuil, qui seront couvertes.

 

Une halle sur deux niveaux est en effet prévue en étages bas d'un immeuble de bureaux, au nord, côté Montreuil, pour les puces qui se tiennent aujourd'hui, trois jours par semaine, en plein air. Dotée de 240 places, cette halle sera de capacité moindre qu'aujourd'hui mais l'ouverture cinq à six jours sur sept "permettra d'accueillir autant de puciers qu'aujourd'hui", promettent les élus parisiens. Par ailleurs, la réservation des emplacements se fera "à un prix aussi bas qu'aujourd'hui", pour "garder l'esprit populaire des puces". C'est pour cela que la Ville "supportera le coût de cet investissement impossible à rentabiliser", a précisé Emmanuel Grégoire. Ces nouvelles puces sont prévues pour 2027.

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