Antoine Zacharias a été contraint de remettre sa démission jeudi soir à l’issue d’un conseil d’administration du groupe durant lequel l’éventuelle révocation du directeur général Xavier Huillard devait être décidée. Ce dernier est confirmé à son poste. Yves-Thibault de Silguy, délégué général de Suez, succède à Antoine Zacharias.

Chamboulement à la tête de Vinci ! Les paris se sont inversés jeudi soir lors d’un conseil d’administration du groupe de BTP et de concessions. Réuni à la base pour décider de l’éventuelle révocation du directeur général du groupe, Xavier Huillard –suite à une guerre ouverte avec le patron du groupe–, le conseil a finalement confirmé Xavier Huillard dans ses fonctions. Ce dernier a remporté neuf voix sur seize ! Mis en minorité, le président de Vinci Antoine Zacharias a démissionné. Selon Vinci, ce dernier a «spontanément» remis sa démission «dès l'ouverture» du conseil d'administration du groupe, «dans l'intérêt du groupe, pour mettre un terme aux troubles existants au sein de sa direction». Le conseil d'administration «a accepté» cette démission et «rendu un hommage unanime à (l') action» d'Antoine Zacharias, qui occupait ce poste depuis 1997, précise le groupe dans un communiqué.

Le conseil a ensuite élu à sa présidence Yves-Thibault de Silguy, administrateur de Vinci et délégué général du groupe d'énergie et d'environnement Suez en charge des affaires internationales.
A 67 ans, Antoine Zacharias, avait assuré sa succession de longue date, en faisant de Xavier Huillard «son dauphin» avant que celui-ci ne lui succède comme directeur général en janvier. Mais des tensions sont rapidement apparues entre les deux hommes. Selon une source proche du dossier, «une bonne partie du conseil d'administration et son président (Antoine Zacharias) considèrent que Xavier Huillard n'a pas répondu à leurs attentes». Le conseil a estimé que Xavier Huillard «n'avait pas la dimension pour occuper le poste de numéro un et qu'il existait également des désaccords sur l'avenir de Vinci».
Quant à Xavier Huillard, il a estimé de son côté qu’Antoine Zacharias voulait «l'éliminer» car il s'est opposé aux primes, selon lui excessives, du président du groupe. Dans une lettre citée par Le Parisien jeudi, envoyée à chacun des membres du conseil d'administration de Vinci, il a dénoncé le salaire «très élevé» d’Antoine Zacharias, les «millions» de stock-options (option pour acquérir des actions Vinci à un prix fixé) dont il aurait bénéficié depuis plusieurs années, ainsi que sa demande d'une prime de 8 millions pour le rachat des Autoroutes du Sud de la France (ASF).
Quant au PDG du groupe immobilier Nexity, Alain Dinin, il avait annoncé mercredi qu'il renonçait à prendre la direction générale du groupe de BTP Vinci. Il a également souhaité à Vinci qu’il «sorte au plus tôt des troubles» actuels…

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