INTERVIEW. Le confinement a mis en avant la nécessité d'avoir accès à des infrastructures numériques. Si le plan France très haut débit prévoit le déploiement de la fibre optique sur le territoire, il n'intègre pas la question de l'accès à un réseau de qualité à l'intérieur des logements. Benoît Coquart, président du syndicat professionnel Ignes, demande que des actions soient mises en œuvre en ce sens.


Télétravail, école à la maison, téléconsultation, divertissement, conservation du lien social… Depuis le début du confinement, ces usages numériques se sont développés, en un laps de temps très court. Dans un même foyer, plusieurs utilisateurs pouvaient avoir besoin de solliciter en même temps leur connexion Internet. Avec parfois un débit peu satisfaisant. Soit car le raccordement à la fibre optique et au très haut débit n'est pas encore opérationnel, ce que le plan France très haut débit doit résoudre, soit parce que la connexion à l'intérieur même des logements ne dépend que d'un seul point d'accès, sur-sollicité.

 

C'est sur ce dernier point que Benoît Coquart, président du syndicat professionnel Ignes, souhaite interpeller les pouvoirs publics, et communiquer auprès des particuliers et des professionnels. Car les entreprises qu'il représente, comme Legrand (dont il est par ailleurs directeur général), Schneider Electric, Delta Dore, et une quarantaine de sociétés spécialisées dans les réseaux de communication, disposent déjà des solutions à mettre en place. Mais une prise de conscience est désormais plus que nécessaire, comme il l'explique à Batiactu.

 

Batiactu : Alors que le plan France très haut débit poursuit son déploiement, pourquoi votre syndicat semble estimer qu'il ne règle pas tout à fait la question de l'accès au THD ?

 

Benoît Coquart : Avoir du très haut débit car l'immeuble est fibré, et en bénéficier de manière effective sont deux choses différentes. En effet, si la fibre arrive au pied de l'immeuble, il faut ensuite souscrire un abonnement. Ce qui nous donne accès à un point où nous branchons le wifi. Cependant, lorsque nous sommes plusieurs à utiliser cette connexion, comme cela a pu arriver dans de nombreux foyers ces derniers mois, où si nous nous éloignons du point d'accès, le débit devient plus faible. Il est donc nécessaire de poursuivre le déploiement de la fibre optique, mais il faut aussi s'assurer que tous profitent d'un bon débit effectif, pour en tirer les bénéfices. Ne pas le faire serait source d'inégalité.

 

 

Batiactu : Quelles sont les bases réglementaires actuelles ?

 

B.C. : La réglementation impose depuis un arrêté du 3 août 2016 l'installation d'un tableau de communication dans les logements neufs, qui permet de disposer du haut débit dans les différentes pièces. Mais dans le parc existant, la réglementation n'incite pas à l'installation, et peu de rénovation sont effectuée. Le taux d'équipement dans l'ancien est donc très faible. Or, 15 millions de logements sont d'ores et déjà fibrés, ce qui constitue un parc important sur lequel nous pourrions commencer à travailler.
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