TRAVAIL. Une grande part des personnes travaillant à leur compte en France gagne de très faibles revenus, voire vit sous le seuil de pauvreté, montre une étude récente de l'Insee. Parmi eux, une part certaine d'artisans.

L'absence de contrat de travail et de subordination juridique est-elle synonyme de richesse financière ? Il faut croire que pour de nombreux indépendants en France, ce n'est pas le cas. Une étude de l'Insee publiée le 5 janvier montre que plus d'un quart des indépendants gagne moins de la moitié du Smic annuel pour les heures effectuées. La France métropolitaine compte plus de trois millions de personnes sous le statut d'indépendant en 2019, selon l'enquête sur les revenus fiscaux et sociaux (ERFS).

 

Dans le détail, parmi les artisans indépendants, ils sont 29% à gagner très peu et 23,6% à vivre sous le seuil de pauvreté. Quant aux chefs d'entreprise de dix salariés ou plus, ils sont 7,7% à gagner très peu et 5,9% à se trouver sous le seuil de pauvreté.

 

Une pauvreté qui touche davantage les femmes et les jeunes

 

Parmi l'ensemble des indépendants, la pauvreté concerne davantage les personnes, avec ou sans enfant, qui ne vivent pas en couple. Au total, un peu plus d'un indépendant sur dix gagne moins de la moitié du Smic annuel et vit sous le seuil de pauvreté. En 2018 et 2019, "quatre indépendants sur dix avaient des revenus d'activités déclarés à l'administration fiscale inférieurs au Smic annuel correspondant à la quotité de travail qu'ils déclarent exercer", ajoute l'Insee. La part d'indépendants ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté monétaire est évaluée à 18%. Et parmi les indépendants ayant des revenus d'activité très faibles, 21% d'entre eux bénéficient d'allocations chômage contre 11% de l'ensemble des indépendants. Ils sont 12% parmi les personnes touchant des revenus très faibles à percevoir une pension de retraite, contre 8% des indépendants en général.

 

Sans surprise, ce sont surtout les femmes, les jeunes qui débutent leur vie professionnelle et ceux qui poursuivent une activité au-delà de 65 ans qui sont le plus touchés. 30% des femmes exerçant leur activité sous le statut d'indépendant perçoivent des revenus d'activités équivalents à moins de la moitié du Smic annuel, contre 26% des hommes. 12% d'entre elles "exercent sous le statut d'aide familiale d'exploitant agricole ou de conjoint collaborateur d'artisan, de commerçant ou de professionnel libéral, soit six fois plus que les hommes (2 %)", détaille l'Insee. Plus d'un jeune de moins de 30 ans sur trois qui travaille à son compte perçoit de faibles revenus d'activité. Les seniors (65 ans et plus), en revanche, sont les moins exposés à la pauvreté (11%) mais ils sont 45% de leur tranche d'âge à percevoir de très faibles revenus d'activité.

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