SOLAIRE. Alors que la deuxième plus grande centrale photovoltaïque au sol de France a été mise en service, les acteurs du projet Bélénos - qui ambitionne de créer un spécialiste français de l'énergie solaire - annoncent avoir officialisé les premiers investissements. Détails.

Le ciel semble parfaitement dégagé en ce moment pour l'énergie solaire, comme en témoignent deux actualités quasi-concomitantes. D'abord, la mise en service le 1er mai 2021 de la deuxième plus grande centrale photovoltaïque au sol de l'Hexagone : implantée sur une ancienne base aérienne de l'Otan (Organisation du traité de l'Atlantique-Nord) dans la Meuse, sa production a démarré ce week-end pour, à terme, couvrir la consommation de 23.000 habitants. Selon l'AFP, pas moins de 364.000 modules solaires ont été installés sur quelque 155 hectares, en bordure des pistes désaffectées autrefois utilisées par les forces armées canadiennes. La centrale est aujourd'hui détenue à 50%-50% par les sociétés TSE et Énerparc, la première ayant commencé "à intégrer progressivement de l'énergie dans le réseau à partir de samedi", avec comme objectif de fonctionner "dans son intégralité à partir du 1er juin", d'après une porte-parole citée par l'agence. L'autre moitié du site a en revanche pris du retard et ne devrait entrer en service qu'au mois de septembre prochain.

 

Il n'empêche que le projet reste d'envergure : "Avec une puissance installée de 152 mégawatts-crête, la centrale dégagera une production totale d'environ 156 gigawatts-heure par an", a indiqué l'entreprise TSE dans un communiqué. Ce qui est devenue la deuxième plus importante installation solaire de France - après celle de Cestas, en Gironde, gérée par Neoen et développant 300 MWc - représente 80 millions d'euros d'investissements, répartis à parts égales entre les deux sociétés. Une particularité toutefois : "TSE a délégué la gestion des espaces enherbés à un jeune éleveur ovin local en agriculture biologique qui a pu s'installer grâce à ce projet", un choix qui intervient quelques temps après la publication d'une étude sur l'impact des centrales au sol sur la biodiversité. Quoi qu'il en soit, la mise en route de ce site ravit les collectivités locales : "Au niveau transition énergétique, c'est une excellente contribution : la deuxième centrale photovoltaïque de France, ce n'est pas rien. Et cela nous permet de maîtriser une friche militaire, ce qui n'est pas simple à gérer", précise Éric Dumont, le président de la communauté de communes du Pays de Montmédy, propriétaire du terrain pour lequel elle devrait toucher un loyer annuel de 375.000 euros.

 

Modernisation et innovations

 

Dans le même temps, les acteurs du projet Bélénos ont annoncé ce 3 mai avoir officialisé les premiers investissements. Avec pour ambition de fabriquer des panneaux solaires français et faiblement carbonés, en référence au dieu gaulois du soleil, Bélénos, le dossier est porté par les industriels Systovi et Voltec Solar, respectivement basés en Loire-Atlantique et dans le Bas-Rhin. En premier lieu, ceux-ci ont amorcé la transformation de la ligne de production de l'usine Systovi de Carquefou grâce à une enveloppe de 1,5 million d'euros qui a servi à commander de nouvelles machines. La ligne modernisée devrait ainsi être opérationnelle d'ici la fin de l'année : "Cette avancée est une première étape de la matérialisation du projet Bélénos qui ambitionne d'atteindre une capacité de production d'électricité de 1 GW par an. À terme, si le projet Bélénos aboutit, ce serait une deuxième ligne beaucoup plus capacitaire qui sera installée sur notre site de Carquefou", s'est félicité François Guérin, directeur général du groupe Cetih, maison-mère de Systovi. D'autres innovations sont aussi dans les tuyaux, comme un module de 400 W pour le secteur résidentiel, un chauffe-eau spécifique ou un crochet de toiture sous avis technique.

 

La Recherche & Développement est également au coeur des attentions chez Voltec Solar, avec notamment deux nouveautés expérimentées sur des appels d'offres et commercialisées cette année : "une solution de panneaux bifaciaux pour toiture légère permettant de maximiser les taux d'autoproduction, et une nouvelle typologie de panneaux à fort courant dont l'avantage est de réduire le coût des systèmes, tout en augmentant significativement le productible des panneaux", détaille un communiqué du groupement. Pour sa part, l'entreprise alsacienne prévoit 2,5 millions d'euros d'investissements sur son site de Dinsheim-sur-Bruche. Autant d'enveloppes et d'innovations qui mettent Bélénos sur les bons rails.

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