Alors que le blocage des raffineries et des dépôts de carburant se poursuit, la situation devient critique pour les entreprises du BTP. Dans certaines régions, cela entraîne déjà une rupture d'approvisionnement en matériaux de construction, a alerté ce lundi, l'Unicem.

Après la FFB et la Capeb, la semaine dernière, c'est au tour de la filière des matériaux de construction d'alerter, ce lundi 30 mai 2016, le Gouvernement sur l'impact du blocage des raffineries et dépôts de carburant. Le conflit social touchant les raffineries et dépôts de carburants a entraîné une "rupture d'approvisionnement en matériaux de construction (...) dans de nombreuses régions", a affirmé l'Unicem, l'organisation professionnelle du secteur, dans un communiqué.

 

Avant d'ajouter que de "nombreuses entreprises de la filière - en rupture de ravitaillement - sont dans l'incapacité de livrer leurs clients".

 

L'activité des entreprises "au mois de mai, voire juin (...) sera obligatoirement impactée", annonce également la fédération professionnelle, qui juge cependant "aujourd'hui difficile d'évaluer le préjudice sur l'ensemble de la filière au niveau national".

 

Parmi les régions concernées, la fédération note que dans le sud, en région PACA particulièrement, de nombreuses unités de production (béton, bitume, granulats) vont être amenées à fermer dans la semaine à venir.

 

A l'ouest, en Bretagne et Pays-de-la-Loire, des centrales d'enrobés, en manque de bitume, ne fonctionnement déjà plus, précise l'Unicem. Au nord, et notamment en Normandie, des unités de production ont été en arrêt partiel la semaine dernière et observent les évolutions à venir.

 

Un manque à gagner de plus de 8 millions d'euros par semaine

 

Enfin, dans la production de béton prêt à l'emploi, où il n'y a, par nature pas de stock, "en cas de statu quo", plus de la moitié des unités de production devront arrêter leur production dès le milieu de la semaine. Le manque à gagner serait de plus de 8 millions d'euros par semaine, chiffre désormais l'Unicem.

 

Dans ce contexte, l'Unicem, "demande aux pouvoirs publics d'assurer aux entreprises les moyens d'honorer leurs carnets de commandes" et, également de veiller au respect du droit et de prendre les mesures permettant de garantir l'intérêt général, la liberté de travailler et de circuler librement. Sans compter l'instauration d'un service minimum d'énergie afin d'assurer l'approvisionnement des entreprises.

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