A une semaine de la grande conférence sociale, huit organisations patronales dont l'UPA ont, dimanche 29 juin, appelé solennellement l'Exécutif, à mettre en œuvre rapidement des aides promises aux entreprises. Elles réclament avant tout trois priorités : le vote rapide du Pacte de responsabilité, le report à janvier 2016 du compte pénibilité et enfin la nécessité de procéder à des reformes structurelles.

"Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, notre appel solennel est avant tout un cri d'alarme de citoyens français inquiets pour l'avenir de leur pays", ont écrit, ce dimanche 29 juin, huit présidents d'organisations patronales dont l'UPA * dans une tribune commune parue dans Le Journal du dimanche.

 

Après des "discours qui ont redonné espoir aux entrepreneurs", "nous constatons que les actes ne suivent pas les discours", affirment-ils réclamant "trois actes concrets".

 

Pénibilité : des décrets "inapplicables et coûteux"
En premier lieu, les organisations patronales demandent donc le vote rapide du Pacte de responsabilité, sur une baisse des charges et de la fiscalité. Au passage, elles exigent que soient "retravaillés" les décrets "inapplicables et couteux" sur le Compte personnel de prévention de la pénibilité et que soient "ajustées" les dispositions sur le temps de travail, dont la durée minimale doit passer à 24 heures par semaine dès le 1er juillet prochain. Enfin, les organisations insistent sur la nécessité de procéder à des réformes structurelles.

 

"Il est possible aujourd'hui de mettre en œuvre une baisse des dépenses publiques sans toucher à la qualité des services publics et tout en préservant l'investissement qui permet de préparer le futur", estiment-elles.

 

La conférence sociale comme moyen de pression
Ce sont, effectivement, ces trois priorités qui irritent fortement les dirigeants d'entreprise. Sans compter: la simplification de la réglementation dont les dirigeants d'entreprises ont demandé un "moratoire" sur tout texte susceptible de durcir la réglementation ou d'augmenter les contrôles.

 

Du côté de l'UPA, la position s'est durcie depuis jeudi dernier : "L'engagement du Président de la République (Ndlr : auprès de l'UPA, le 16 juin dernier) de reporter la date d'application du Compte pénibilité est d'ores et déjà contredit par les faits."

 

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a menacé ce lundi sur la radio Europe 1 de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet. "Si le problème de la pénibilité est réglé, avec un report en 2016, le Medef ira. Mais si nous n'avons pas clairement cette semaine les réponses à nos questions posées depuis des mois, il y a une éventualité de boycott." Interrogé par Batiactu, l'UPA se refuse pour le moment de se prononcer sur un éventuel boycott. Et pour sa part, le numéro un de la CFDT Laurent Berger a estimé vendredi qu'il faudrait "mettre fin au Pacte de responsabilité" si le patronat décidait de boycotter ce rendez-vous. Les tensions entre patronat et syndicats ne font que commencer...

 

*Les dirigeants signataires de la tribune : Pierre Gattaz (Medef) ; Jean-François Roubaud, (CGPME), Jean-Pierre Crozet, (UPA), Xavier Beulin (FNSEA), Michel Chassang (UNAPL, professions libérales), Pierre Pringuet (Afep, grandes entreprises), Stanislas de Bentzmann (CroissancePlus, entreprises à forte croissance) et Elizabeth Ducottet, co-président (l'Asmep-ETI, entreprises de taille intermédiaire).

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