PROFESSION. Si le chiffre d'affaires des entreprises du paysage ne s'effondre pas en 2020, ce n'est pas grâce à la commande publique, qui accuse une baisse importante. Ce sont les particuliers qui sauvent la mise. L'Unep appelle à une reprise du côté des collectivités.

Après un début d'année difficile, la baisse du chiffre d'affaires de la filière du paysage reste mesurée sur l'année, grâce à un "net rebond" au second semestre, révèle une étude commandée par l'Union des entreprises du paysages (Unep), avec Val'hor, l'interprofession de l'horticulture. En effet, après -6% au premier semestre, les entreprises ont vu leur chiffre d'affaires augmenter de 3% au second semestre. La baisse sur l'année trouve donc à -1,5%. "Un bilan annuel plutôt positif dans un environnement économique morose".

 

Cette récession, même si elle reste mesurée, "vient interrompre une dynamique haussière depuis plusieurs années (+3,5% en 2019 et +15% sur la période 2017 et 2018)", rappelle l'Unep, qui a présenté ces résultats le 26 janvier. Le retour à la croissance ne pourra pas s'effectuer "sans une reprise rapide des marchés publics", alors que les deux autres marchés remontent au second semestre : le marché privé professionnel (+3%), et surtout celui des particuliers (+5%)

 

Incertitudes sur les marchés publics

 

Les marchés publics voient effectivement l'activité évoluer de manière négative à la fin 2020, avec un fléchissement d'un point sur le second semestre (après une baisse de 6% durant le premier semestre). Les effets de la crise sanitaire ont été amplifiés par le cycle électoral de cette année, rappelle l'Unep : tout d'abord, le report du second tour des élections a retardé l'arrivée des nouvelles équipes et le lancement des chantiers publics ; puis, "nous connaissons traditionnellement une période de baisse de la commande publique après les élections". Mais "la baisse constatée en fin d'année sur ce marché, alors que les autres segments se sont repris, n'augure rien de bon", commente à ce titre le président de l'Unep, Laurent Bizot. "Or il y a urgence à végétaliser les villes pour accompagner la transition écologique, atténuer les effets des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes et répétés, en soutien à la biodiversité, mais également pour garder les villes attractives et durables".

 

Cela n'empêche pas, d'après le sondage réalisé pour l'Unep, les entreprises d'anticiper une croissance début 2021. C'est pour cela que celles qui sont concernées par l'emploi salarié ont continué à embaucher dans la deuxième partie de l'année, avec environ 2.400 emplois net créés. Les entreprises ont par ailleurs été aussi nombreuses à investir en 2020 qu'en 2019.

 

Trois indicateurs à surveiller

 

Même s'il considère que "le secteur du paysage subit moins que d'autres la crise sanitaire", Laurent Bizot cite "trois indicateurs à surveiller : la reprise des marchés publics, la reprise des chantiers privés et le développement possible du travail illégal, qui pourrait nuire à la croissance de nos entreprises et de nos besoins en salariés".

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