TECHNIQUE. L'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics dévoile un document sur les bonnes pratiques à mettre en oeuvre lors de travaux d'isolation thermique par l'extérieur avec tous types de panneaux d'isolants rigides à partir d'un échafaudage de pied. Une méthodologie de travail est aussi accessible à toutes les entreprises sur le site Internet de l'OPPBTP.

C'est sur l'isolation thermique par l'extérieur, l'ITE, que porte le dernier guide technique de l'OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics). Le document détaille les bonnes pratiques à mettre en oeuvre lors de chantiers d'ITE avec pose de panneaux d'isolants rigides depuis un échafaudage à pied. La méthodologie de travail présentée doit permettre aux professionnels confrontés à cette situation d'être protégés contre les chutes de hauteur, tout en facilitant les gestes techniques.

 

 

Le guide a été élaboré par l'OPPBTP et les organisations professionnelles représentatives, notamment le Groupement ITE de la Fédération française du bâtiment (GITE-FFB), avant que sa conformité à la réglementation soit validée par la direction générale du Travail en juin 2022. Il est désormais à disposition des entreprises sur le site Internet de l'OPPBTP.

 

Contrainte des protections collectives

 

Le but du document est de répondre à une problématique récurrente : les travaux d'ITE par enduit sur isolant à partir d'un échafaudage à pied impliquent effectivement d'installer cet équipement de travail à une distance supérieure à 20 centimètres de la façade à isoler. L'application de la réglementation nécessite alors d'intégrer des dispositifs de protection collective, comme par exemple des garde-corps, pour prévenir les chutes de hauteur du côté de la façade, ou encore de recourir à des équipements de protection individuels.

 

Mais d'après l'OPPBTP, "les remontées des entreprises révèlent que la présence permanente des protections collectives, côté façade, proposées à ce jour par les fabricants d'échafaudages, peuvent s'avérer contraignantes par rapport aux différentes tâches qui se succèdent pour ce type de travaux". Par conséquent, les professionnels peuvent être amenés à déposer temporairement ces protections le temps d'exécuter l'enduit, après avoir posé les panneaux d'isolant.

 

En 2017, l'OPPBTP, le GITE-FFB et le Sfece-FFB (Syndicat français de l'échafaudage, du coffrage et de l'étaiement) ont mené une étude pendant trois mois auprès de leurs adhérents, complétée par des visites de chantiers. Objectif : définir des pratiques de travail optimisant l'utilisation des dispositifs de protection collective contre les chutes côté façade, et garantissant du même coup protection et compatibilité avec chaque phase du chantier.

 

Maîtrise des gestes et des coûts

 

Les résultats de l'enquête ont permis de définir la méthodologie de travail retranscrite dans le guide en question et d'établir un programme d'essais en laboratoire (voir encadré). Concrètement, cette méthode permet donc d'enlever temporairement les garde-corps installés côté façade au début des travaux après collage et calage de l'isolant, mais sous certaines conditions, détaillées dans l'ouvrage.

 

"Les dispositifs de protection ne sont ainsi en place, en 'parties courantes', qu'au cours des phases de travail durant lesquelles leur présence n'a pas d'impact prédominant sur la qualité finale", résume l'OPPBTP. Durant les phases suivantes d'application du revêtement, les ouvriers continuent les travaux sans contrainte ni obstacle à leurs mouvements. Ce qui leur assure de maîtriser les gestes professionnels, le rendu et l'aspect final, ainsi que leur temps d'intervention.

 

"Cette méthodologie permet ainsi d'allier, via l'optimisation de l'utilisation du garde-corps démontable, la protection contre les chutes de hauteur tout au long des travaux et l'amélioration des postures de travail avec la maîtrise des coûts, des délais et de la qualité des travaux", abonde Valérie Tournier, responsable de domaine au sein de la direction technique de l'OPPBTP.

 


Les essais en laboratoire de l'étude menée conjointement par l'OPPBTP et la FFB

 

 

Le programme d'expérimentations en laboratoire établi par l'étude avait pour but de "caractériser la tenue au chargement statique et au choc dynamique des panneaux d'isolant collés pour les configurations courantes de travaux d'ITE (deux types de support béton, 'à rénover' et 'neuf' ; quatre natures d'isolant, polystyrène, laine de roche, fibre de bois, mousse résolique ; deux modes de collage, par boudins et par plots ; et deux échéances, 12 heures et 24 heures, ont été concernés)".

 

Ces essais ont permis de justifier que les panneaux d'isolants rigides peuvent être légitimement considérés comme une extension de l'ouvrage après leur mise en oeuvre. "Le vide entre le bord des planchers et l'ouvrage contre lequel l'échafaudage est établi n'excédant alors plus 20 cm", ajoute l'organisme de prévention.

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