IMMOBILIER. La cité phocéenne s'attaque aux résidences secondaires pour lutter contre la sous-occupation des habitations. La ville connaît une forte hausse des prix de l'immobilier depuis un an.

Paris, Lyon ou Bordeaux… et maintenant Marseille. Le Conseil municipal de la seconde plus grande ville de France va voter le 1er octobre l'augmentation de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Derrière cette décision, la municipalité souhaite favoriser le retour de biens à la location, alors que le marché est marqué par une flambée des prix.

 

La majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires va passer "de 20% à 60%, le taux maximal autorisé" par le code général des impôts, a déclaré mardi à la presse Joël Canicave, maire adjoint aux Finances et président du groupe de la majorité municipale. "On attend de cette surtaxe que les logements à Marseille qui sont peu ou pas utilisés soient remis dans le circuit normal de la location."

 

15.000 logements concernés

 

L'élu a notamment parlé du cas des biens gelés pour de la location saisonnière durant l'été via la plateforme de location d'habitation Airbnb. "C'est une taxe supplémentaire qui peut aussi avoir un effet financier, même si on ne peut pas encore le mesurer car la loi prévoit tout un dispositif de dégrèvements", a ajouté le président du groupe de la majorité municipale. Pour la ville, cela pourrait représenter 3 millions d'euros, selon "une première évaluation".

 

15.000 logements sur les 450.000 que compte la cité phocéenne seraient touchées par cette surtaxe, a affirmé le maire adjoint. Celle-ci ne devra pas concerner les locations saisonnières rapportant plus de 5.000 euros par an à leur propriétaire, déjà sujettes à payer la cotisation foncière des entreprises CFE, réglée à la Métropole.

 

Marseille n'est pas la première ville française à instaurer la hausse de cette taxe. Auparavant, des grandes villes comme Paris, Lyon, Montpellier, Nice et Bordeaux avaient opté pour augmenter à 60% la majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, ce afin de lutter contre la sous-occupation de certains logements."Si la mesure ne sera applicable dans la plupart des villes qu'en 2022, on sait que Paris, qui avait anticipé le vote de la loi, a pu remettre dans le circuit plus de 5% des logements en résidences secondaires dans la capitale", a raconté l'élu. Marseille a vu récemment ses prix de l'immobilier bondir. Un rapport de la chambre des notaires des Bouches-du-Rhône a estimé que les prix avaient cru de 7,2% en un an.

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