En plein sprint pour réaliser les 200 km de lignes de métro du Grand Paris Express (GPE), la Société du Grand Paris (SGP), maître d'ouvrage de ce chantier "hors norme" a rappelé ce lundi 13 janvier les objectifs de la feuille de route. Ce fut l'occasion également pour Etienne Guyot, président du directoire depuis juillet 2011 , annoncé ces jours-ci sur le départ, de dresser le bilan de son équipe. Explications.

Alors que Philippe Yvin, conseiller du Premier ministre reste le seul homme en piste pour prendre d'ici à quelques semaines la présidence du directoire de la Société du Grand Paris (SGP) en charge de la construction du futur métro de rocade de la région parisienne, Etienne Guyot, le troisième homme "pilote" de la structure depuis sa création en 2010, a dressé, lundi 13 janvier, le bilan de ses équipes et a rappelé la "feuille de route" qui sera transmise à son successeur.

 

Un chantier hors normes d'une trentaine de milliards d'euros
Au travers ce chantier hors normes d'une trentaine de milliards d'euros qui doit se traduire d'ici à 2030 par 200 kilomètres de lignes nouvelles, 72 gares et l'amélioration des transports existants, Etienne Guyot reconnaît qu'en septembre 2011, il a trouvé en arrivant à la SGP un "trésor". Trente mois au cours desquels ses équipes ont réalisé d'après lui des "prouesses". Chiffres à l'appui : "341 marchés ont été conclus pour réunir les compétences nécessaires à la réalisation du Grand Paris Express (GPE) ; 70 conventions ont été passées avec l'ensemble des partenaires du grand projet ; enfin 64 acquisitions foncières ont déjà été menées afin de mettre le nouveau métro le plus vite possible", a-t-il détaillé.

 

Les projets mis en service d\'ici à 2017
Les projets mis en service d'ici à 2017 du "Nouveau Grand Paris" © Région Ile-de-France
"Une feuille de route que, depuis, nous respectons à la lettre"
L'actuel président de la SGP a d'ailleurs rappelé que les arbitrages annoncés le 6 mars 2013 par le Premier ministre "ont permis d'amplifier le projet et de lui donner une cohérence d'ensemble au plan territorial et de l'organisation des maîtrise d'ouvrage et de le sécuriser financièrement tout en nous donnant une feuille de route territoriale et temporelle avec des horizons de mise en service."

 

L'outil essentiel pour aménager et développer la région parisienne et, avec elle, la métropole du Grand Paris qui verra le jour en 2016, avance d'après les équipes de la SGP à un "bon rythme". "Aujourd'hui, ce sont près de 1.000 personnes qui travaillent dans l'ingénierie française sur le projet, notamment sur la ligne 15 sud, sur laquelle les études d'avants projets avancent de façon satisfaisante",indique aussi le chef d'orchestre de la SGP.

 

La ligne 15 sud et les autres tronçons : où en est-on ?
Pour la ligne 15 sud ( Ndlr : 16 gares et 32 km de voies) en particulier, l'objectif est naturellement sa mise en service en 2020, a confirmé Etienne Guyot, avant de rappeler que la première phase des études d'avant-projet "doit impérativement se terminer au mois d'avril 2014 pour procéder avec les maires, au choix du parti architectural et d'insertion de chaque gare." L'objectif est clair à la SGP : "Caler définitivement le tracé du tunnel, l'implantation des gares et des ouvrages annexes pour pouvoir lancer les dernières parcellaires et d'enclencher la phase 'projet' des études d'infrastructures."

 

Pour tous les autres tronçons, la SGP devra organiser 4 concertations publiques, renforcées sur les lignes 14 sud, 15 ouest, 17 nord et 18 pour finaliser les enquêtes d'ici à la fin 2015. S'agissant des lignes 16-17 sud et 14 nord, des consultations sont en cours signale la SGP pour choisir les maîtres d'œuvre (Ndlr : bureaux d'études infrastructures et cabinets d'architectes) sur les tronçons Noisy-Champs /Le Bourget RER et Le Bourget RER /Saint-Denis Pleyel.

 

"Ce train ne s'arrêtera qu'à sa mise en route dans tous les territoires"
Si la SGP a autant de marques de soutien, "c'est parce que nous sommes tous montés ensemble dans le grand train du Grand Paris", a poursuivi Etienne Guyot. Et de conclure : "Si je voulais plagier Raymond Devos, je dirai que ce train ne s'arrêtera qu'à sa mise en route dans tous les territoires."

 

La fin prématurée des fonctions d'Etienne Guyot, comme l'examen de la candidature de Philippe Yvin doit faire désormais l'objet d'une réunion du conseil de surveillance de la SGP, présidée par André Santini (UDI), qui aura lieu le 21 janvier prochain. A suivre...

 

Réactions
Jacques Ferrier l'architecte pilote de l'aspect architectural des futures 72 gares et lauréat en mai 2012 regrette le départ d'Etienne Guyot : "Le président du directoire a été effectivement un acteur décisif dans le déroulement de ce grand projet et j'ai apprécié l'ambition architecturale fixée par la SGP, qui a été placée à mon avis à un très haut niveau ! Je ne doute pas désormais de la suite et de la future nouvelle équipe."

 

Pour la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), le départ annoncé d'Étienne Guyot pourrait entraîner 12 à 18 mois de retard dans les travaux. Selon la FNTP, il ne s'agit nullement de mettre en cause les qualités du successeur pressenti, mais "la méthode Guyot", basée sur le dialogue et la confiance, a permis de créer "un consensus et de fédérer les énergies des acteurs publics et privés."

 


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