C'est lors d'un déplacement dans le Pas-de-Calais, vendredi 26 septembre, que le Premier ministre a annoncé pour la première fois son engagement ferme en faveur du canal Seine-Nord Europe. Il va d'ailleurs confier au député Rémi Pauvros, la mission de mener à bien ce dossier. Si tout est réuni, le lancement de ce chantier titanesque aura lieu en 2017. Pour une mise en service en 2023.

L'épineux dossier du canal Seine-Nord Europe a refait surface, vendredi 26 septembre, au cours du déplacement du Premier ministre* à la préfecture d'Arras (Pas-de-Calais) en présence d'hommes politiques du département nordiste, chefs d'entreprises du BTP et dirigeants de chambre de commerce. Ces derniers interpellent, l'Etat depuis une dizaine d'années pour une ouverture dès que possible du chantier du canal qui permettrait la navigation de barges de 4.400 tonnes et 185 mètres de long. Et avec également à la clef, la création potentielle de milliers d'emplois. "Ce canal est un enjeu économique décisif", a martelé Manuel Valls. Avec 12.000 à 14.000 emplois directs et indirects pour la construction de cet ouvrage."

"Beau projet fédérateur pour la nouvelle grande région"

Le Premier ministre a également signalé dans son discours, qu'il y voit un "beau projet fédérateur pour la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais Picardie" prévue par la loi de réforme territoriale ainsi qu'un exemple de la "relance des investissements". D'ailleurs, il préconise la relance du dossier de ce dossier aussi bien pour la France que pour l'Union européenne. Et a confirmé "la détermination de (son) Gouvernement à remettre un dossier de demande de subvention" à la Commission européenne.

 

Pour rappel : la Commission européenne à Bruxelles a promis de financer à hauteur de 40 % ce projet sur le budget 2014-2020, d'ores et déjà évalué par Manuel Valls à quelque 4,5 à 4,8 milliards d'euros, et réclamé depuis des décennies par les régions concernées au premier chef, le Nord/Pas-de-Calais et la Picardie. Toutefois, Bruxelles attend désormais un engagement ferme de l'Etat… L'enjeu est, en effet, de taille : relier la Seine à l'Escaut par un canal à grand gabarit, d'où la dimension transfrontalière du projet, même si le coeur du chantier concerne 106 km entre l'Oise et le Nord. S'agissant de l'échéancier des travaux, Manuel Valls s'engage pour le moment à ce que le chantier commence en 2017 et s'achève en 2023.

 

Dialogue compétitif suspendu

 

Et de conclure devant les invités réjouis de ce retour : "C'est une opportunité exceptionnelle que nous devons saisir. C'est pour cela que la France sera au rendez-vous. (…) Il faut évidemment des grands projets qui permettent de regarder l'avenir avec plus d'optimisme." Outre, l'enjeu économique, fondamental, "un tel canal c'est (...) la réponse essentielle pour le développement durable car l'aspect écologique du projet sera également très important" pour le nord de la France, a-t-il également observé.
Le Gouvernement sera donc "au rendez-vous financier" de ce titanesque chantier.

 

Et le Premier ministre sera certainement soucieux de sortir du schéma PPP (partenariat public-privé) initialement proposé. Côté réactions, Bouygues Construction interrogé par Batiactu n'a pas souhaité réagir. En effet, la filiale de Bouygues qui concourrait avec Vinci avait décidé en août 2012 de jeter l'éponge. Depuis deux ans, le dialogue compétitif est suspendu. Par ailleurs, la FNTP ne souhaite pas réagir pour le moment et demeure "prudente" sur ce dossier.

 

Canal Seine-Nord Europe, les grandes dates
1993 : Lancement des premières études du canal Seine-Nord.
1996 : Voies navigables de France propose un tracé de 115 km pour un coût estimé à 15 milliards de francs (2,29 milliards d'euros). Un an plus tard, un audit remet en cause la rentabilité du projet.
Avril 2011 : Feu vert de Nicolas Sarkozy qui pose la première pierre à Nesle.
Août 2012 : Bouygues, qui concourt avec Vinci à la réalisation du canal, annonce que le dialogue compétitif est suspendu.
Octobre 2013 : Le canal Seine-Nord serait éligible à des subventions européennes jusqu'à 40 % des dépenses contre 6 % auparavant.
Mai 2014 : Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, se montre sceptique quant à la possibilité de boucler le projet.
Fin 2014 : Avant-projet sommaire modificatif.
2015: Enquête publique modificative.

 

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