La deuxième conférence sociale entreprise par le Gouvernement Ayrault s'est achevée ce vendredi 21 juin, avec une feuille de route concentrée sur l'épineux dossier des retraites et la question de l'emploi et de la formation qui occupent, dans le BTP, tous les esprits dans un contexte de morosité économique. Décryptage du secteur du bâtiment avec Patrick Liébus, vice-président de l'UPA.

Conférence sociale, acte 2. La deuxième conférence sociale chère au chef de l'Etat s'est achevée ce vendredi 21 juin au palais d'Iéna à Paris, avec une feuille de route concentrée sur l'emploi et l'épineux dossier des retraites, sujet qui a donné lieu à des échanges très vifs entre syndicats et patronat.

 

Contrairement, en effet, à la première édition organisée dès les 9 et 10 juillet 2012, au cours de laquelle le nouveau gouvernement Ayrault avait lancé une sériée de chantiers dans le champ social -emplois d'avenir, contrats de génération, pacte de compétitivité-, la rencontre s'est déroulée dans un "contexte plus tendu entre les partenaires sociaux et sur fond d'escalade du chômage et de baisse du pouvoir d'achat, nous confie Patrick Liébus, président de la Capeb et vice-président de l'UPA. Toutefois, nous avons trouvé de nouveau la méthode de discussion très pertinente."

 

Après une première journée de débats consacrée à six grands dossiers*, les participants sociaux notamment représentants du patronat (Medef, CGPME, UPA) et des salariés (CFDT, CGT, FO, CGE-CGC, CFTC) sont entrés dans le vif du sujet, notamment avec des positions opposées sur la réforme des retraites et également la formation. Le Gouvernement a lancé la concertation avec les premières rencontres bilatérales dès les 4 et 5 juillet, même si au final, il décidera seul.

 

L'emploi, priorité numéro un
Concernant l'emploi, dont François Hollande a fait "l'enjeu" numéro un lors de son discours inaugural de la conférence jeudi dernier, en réitérant son engagement d'une inversion de la courbe du chômage en fin d'année, les prévisions de l'Insee ont fait l'effet d'une douche froide. L'institut table, en effet, sur une poursuite de la hausse fin 2013, mais le président a maintenu sa "volonté" de parvenir à une baisse "à la fin de l'année". "Si nous mettons le turbo dans la lutte contre le chômage, la courbe du chômage s'inversera", a renchéri jeudi soir le ministre du Travail, Michel Sapin.

 

"80.000 entreprises cherchent à l'heure actuelle au moins un salarié dans le BTP"
D'autres mesures étaient attendues dans la feuille de route présentée par Jean-Marc Ayrault, vendredi après-midi : renforcement des dispositifs existants et de leur pilotage, maintien de l'effort sur les contrats aidés (440.000 en 2013) et pression accrue sur le privé pour signer des contrats de génération. "Avec 33.000 emplois d'avenir attendus au mois de juin, il est important de se mobiliser auprès des jeunes", a rappelé également Michel Sapin.

 

De son côté, Patrick Liébus a signalé que le secteur du bâtiment et de l'artisanat est le premier concerné par le besoin de main-d'œuvre : "Rien que dans notre domaine, près de 80.000 entreprises cherchent à l'heure actuelle au moins un salarié… Il faut donc donner de l'attractivité et de l'accompagnement."

 

*Table-ronde 1 : "Mobiliser pour l'emploi et la formation professionnelle", table-ronde 2 : "Améliorer les conditions de travail, prévenir les risques et protéger la santé des salariés", table-ronde 3 : "Développer les filières et anticiper les emplois de demain." Table-ronde 4 : "Assurer l'avenir des retraites et de notre protection sociale." Table-ronde 5 : "Moderniser l'action publique pour conforter notre modèle de service public." Table-ronde 6 : "Relancer l'Europe sociale."

 

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